MÉMO - Le coût moyen pondéré du capital (CMPC) : calcul et usage comme taux d'actualisation

60 vues

Pour savoir si un investissement crée de la valeur, l'entreprise actualise ses flux de trésorerie à un taux qui rémunère tous ses financeurs : les actionnaires et les prêteurs.

*Ce taux est le coût moyen pondéré du capital (CMPC). Il se calcule ainsi : CMPC = kcp × CP / (CP + D) + kd × (1 − t) × D / (CP + D). Dans cette formule, kcp est le coût des capitaux propres, kd le taux d'intérêt de la dette, t le taux d'impôt sur les sociétés (25 % en taux normal, CGI, art. 219, I), CP la valeur des capitaux propres et D la valeur des dettes financières.

Le CMPC n'est le bon taux d'actualisation d'un projet que si ce projet ne change ni le risque d'exploitation ni la structure de financement de l'entreprise.

Réponse rapide

Question Réponse
Que mesure le CMPC ? Le CMPC mesure la rentabilité minimale que les actifs de l'entreprise doivent dégager pour rémunérer ses actionnaires et ses prêteurs.
Comment obtenir le coût des capitaux propres ? Le coût des capitaux propres se calcule en général par le MEDAF, en ajoutant au taux sans risque la prime de risque du marché multipliée par le bêta.
Pourquoi le coût de la dette est-il pris net d'impôt ? Les intérêts sont déductibles du résultat imposable. Chaque euro d'intérêt réduit l'impôt de t euros, d'où un coût de kd × (1 − t).
Quelles pondérations retenir ? Les pondérations sont les parts des capitaux propres et des dettes financières dans le financement total, de préférence en valeurs de marché.
À quoi sert le CMPC ? Le CMPC sert de taux d'actualisation pour calculer la VAN d'un projet et de seuil pour juger son TRI.

Un exemple chiffré

Une société cotée est financée par des capitaux propres d'une valeur de marché de 7 500 000 € et par des dettes financières de 2 500 000 €. Ses emprunts sont rémunérés au taux de 5 %. Le taux sans risque est de 3 %, la rentabilité attendue du marché de 8 % et le bêta de l'action de 1,2. La société est imposée au taux normal de 25 % et ses bénéfices permettent de déduire la totalité des intérêts.

Élément Résultat
Coût des capitaux propres (MEDAF) 9,00 %
Coût de la dette avant impôt 5,00 %
Coût de la dette net d'impôt 3,75 %
Poids des capitaux propres 75 %
Poids des dettes financières 25 %
Coût moyen pondéré du capital 7,69 %

Calculs : coût des capitaux propres = 3 % + 1,2 × (8 % − 3 %) = 9 % ; coût de la dette net = 5 % × (1 − 0,25) = 3,75 % ; poids = 7 500 000 / 10 000 000 = 75 % et 2 500 000 / 10 000 000 = 25 % ; CMPC = 9 % × 0,75 + 3,75 % × 0,25 = 6,75 % + 0,9375 % = 7,6875 %, arrondi à 7,69 %.

Un projet de même risque que l'activité existante, financé dans les mêmes proportions, s'actualise à 7,69 %. Si ce projet dégage un TRI de 7 %, sa VAN au taux de 7,69 % est négative : le projet ne rémunère pas assez les financeurs et doit être écarté.

Quand utiliser le CMPC comme taux d'actualisation

Condition Pourquoi Si la condition n'est pas remplie
Le projet a le même risque d'exploitation que l'activité existante. Le bêta, donc le coût des capitaux propres, reflète le risque de l'activité actuelle. Calculer un taux à partir du bêta d'entreprises cotées de l'activité du projet.
Le projet ne modifie pas la structure de financement. Les poids des capitaux propres et des dettes restent ceux du calcul. Recalculer le CMPC avec la structure de financement visée après le projet.
Le coût de la dette correspond aux conditions actuelles d'emprunt. Le projet sera financé aux taux du moment, et non aux taux des emprunts anciens. Retenir le taux auquel l'entreprise emprunterait aujourd'hui (taux marginal d'endettement).

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Conséquence Bonne pratique
Retenir le taux d'intérêt brut de la dette. Le CMPC est surévalué : dans l'exemple, 8,00 % au lieu de 7,69 %. Multiplier le taux d'intérêt par (1 − taux d'IS) avant de le pondérer.
Faire la moyenne simple du coût des capitaux propres et du coût de la dette. Le taux obtenu ne tient pas compte du poids de chaque financement. Pondérer chaque coût par la part de la source dans le financement total.
Pondérer avec les valeurs comptables alors que les valeurs de marché sont connues. Le poids des capitaux propres est souvent sous-évalué, car leur valeur comptable est inférieure à la capitalisation boursière. Utiliser la capitalisation boursière et la valeur de marché de la dette. À défaut, utiliser les valeurs comptables en le précisant.
Inclure les dettes fournisseurs ou fiscales et sociales dans les dettes. Le poids de la dette est gonflé par des dettes qui ne portent pas d'intérêt. Ne retenir que les dettes financières porteuses d'intérêts.
Calculer le taux de la dette en divisant les intérêts de l'exercice par la dette de clôture, sans le dire. Ce taux apparent est faussé si la dette a varié pendant l'exercice. Indiquer l'hypothèse retenue et préférer le taux marginal d'endettement.
Calculer l'économie d'impôt au taux réduit de 15 % pour une société dont le bénéfice dépasse 42 500 €. L'économie d'impôt sur les intérêts est sous-évaluée, car ces intérêts réduisent la part du bénéfice taxée à 25 %. Retenir le taux marginal d'imposition, en général le taux normal de 25 % (CGI, art. 219, I).
Actualiser au CMPC un projet plus risqué que l'activité habituelle. La VAN est surévaluée et un projet trop risqué peut être accepté. Ajuster le taux au risque du projet, à partir du bêta de l'activité du projet.

© 2026 RODCO — www.rodco.fr

En résumé

Point clé Réponse
Que devient l'économie d'impôt si l'entreprise est déficitaire ? L'économie d'impôt sur les intérêts est différée, voire perdue. Le coût réel de la dette se rapproche alors du taux brut.
Que se passe-t-il si l'entreprise s'endette davantage ? La part de la dette, moins coûteuse, augmente. Mais le risque financier des actionnaires augmente aussi, ce qui relève le bêta et le coût des capitaux propres.
Quel lien avec la VAN et le TRI ? Un projet est acceptable si sa VAN au CMPC est positive, ce qui revient à un TRI supérieur au CMPC.
Où retrouve-t-on le CMPC en dehors du choix des investissements ? Le CMPC actualise les flux de trésorerie disponibles dans l'évaluation d'entreprise par la méthode DCF.
Quelle source pour le taux d'IS ? Le taux normal de 25 % et le taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (PME) figurent à l'article 219, I du CGI. Le taux réduit est commenté au BOFiP, BOI-IS-LIQ-20-20.

© 2026 RODCO — www.rodco.fr

Dans la bibliothèque Rodco


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles