MÉMO - La méthode des flux de trésorerie actualisés (DCF)
Une entreprise en forte croissance, sans grand patrimoine immobilier, peut valoir bien plus que ne le suggère son bilan : sa valeur réside dans sa capacité à générer de la trésorerie dans les années à venir.
C'est cette logique que traduit la méthode DCF (Discounted Cash Flow), aujourd'hui la plus utilisée en pratique.
Ici, l'enjeu est simple : comment se construit un DCF, et quels sont les paramètres qui déterminent le plus fortement le résultat obtenu ?
Réponse rapide
| Étape | Ce qu'elle consiste à faire |
| 1. Projeter les flux de trésorerie disponibles | Estimer les flux que l'activité générera sur un horizon de projection (généralement 5 à 10 ans) |
| 2. Calculer une valeur terminale | Estimer la valeur de l'entreprise au-delà de l'horizon de projection (souvent une rente à croissance constante) |
| 3. Actualiser l'ensemble au CMPC | Ramener les flux futurs et la valeur terminale à leur valeur actuelle, au coût moyen pondéré du capital |
| 4. Déduire la dette nette | Passer de la valeur d'entreprise à la valeur des capitaux propres |
Exemple chiffré
Une entreprise projette
- des flux de trésorerie disponibles de 100 000 €, 110 000 € et 120 000 € sur les trois prochaines années,
- une valeur terminale actualisée de 900 000 €,
- un CMPC de 8 %, et une dette financière nette de 250 000 € :
| Élément | Calcul | Résultat |
| Flux actualisé année 1 | 100 000 ÷ 1,08 | 92 593 € |
| Flux actualisé année 2 | 110 000 ÷ 1,08² | 94 307 € |
| Flux actualisé année 3 | 120 000 ÷ 1,08³ | 95 259 € |
| Valeur d'entreprise | 92 593 + 94 307 + 95 259 + 900 000 | 1 182 159 € |
| Valeur des capitaux propres | 1 182 159 − 250 000 | 932 159 € |
La valeur des capitaux propres (ce qui revient aux actionnaires) s'obtient toujours en déduisant la dette financière nette de la valeur d'entreprise, jamais en s'arrêtant à la somme des flux actualisés.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Bonne pratique |
| S'arrêter à la valeur d'entreprise sans déduire la dette nette | Toujours déduire la dette financière nette pour obtenir la valeur revenant aux actionnaires |
| Retenir un taux de croissance à l'infini supérieur au taux d'actualisation dans la valeur terminale | Le taux de croissance perpétuelle doit rester inférieur au CMPC, sous peine d'obtenir une valeur terminale infinie ou aberrante |
| Utiliser un CMPC identique pour des activités au profil de risque très différent | Adapter le taux d'actualisation au risque réel de l'activité évaluée, pas à un taux générique |
En résumé
| Point clé | Réponse |
| Que représente le CMPC dans un DCF ? | Le coût moyen pondéré du capital, utilisé comme taux d'actualisation des flux futurs |
| La valeur d'entreprise et la valeur des capitaux propres sont-elles identiques ? | Non : la valeur des capitaux propres s'obtient en déduisant la dette financière nette de la valeur d'entreprise |
| Pourquoi le DCF est-il sensible aux hypothèses retenues ? | Parce que la projection des flux, la valeur terminale et le taux d'actualisation reposent tous sur des estimations, non sur des données observées |
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