MÉMO - Calculer la capacité bénéficiaire réelle d'une entreprise
Le résultat comptable d'une entreprise, en particulier d'une PME, reflète rarement sa rentabilité réelle et durable : une rémunération de dirigeant fixée selon ses besoins personnels plutôt que selon le marché, un loyer versé à une SCI familiale à un tarif de complaisance, ou une plus-value exceptionnelle d'un exercice donné peuvent gonfler ou déprimer artificiellement le résultat affiché.
La rente du goodwill ne peut pas se calculer sur ce résultat brut : elle a besoin d'un résultat retraité, représentatif de ce que l'entreprise rapporte réellement, année après année.
Quels retraitements appliquer au résultat comptable pour obtenir cette capacité bénéficiaire réelle, et pourquoi ce chiffre conditionne-t-il directement le calcul du goodwill ?
Réponse rapide
| Étape | Calcul |
| 1. Point de départ | Résultat courant avant impôt (résultat d'exploitation + résultat financier, hors éléments exceptionnels) |
| 2. Rémunération du dirigeant | Ramenée au coût d'un salarié équivalent au prix du marché (à la hausse ou à la baisse selon les cas) |
| 3. Conventions avec des parties liées | Loyers, prestations ou honoraires versés à des tiers liés (SCI familiale, holding...) ramenés à leur valeur de marché |
| 4. Éléments non récurrents | Exclusion des produits et charges exceptionnels ou ponctuels, non représentatifs de l'activité normale |
| 5. Résultat | = Capacité bénéficiaire réelle (résultat courant retraité) |
Exemple chiffré
Une entreprise affiche un résultat courant avant impôt de 160 000 €.
Son dirigeant, qui se verse une rémunération volontairement faible de 40 000 €, serait remplacé par un directeur salarié au coût de marché de 65 000 € (charges comprises).
Elle a par ailleurs perçu, sur l'exercice, une indemnité d'assurance exceptionnelle de 15 000 € :
| Élément | Calcul | Résultat |
| Résultat courant avant impôt | Point de départ | 160 000 € |
| Retraitement de la rémunération du dirigeant | 65 000 − 40 000 (coût de marché non constaté) | − 25 000 € |
| Retraitement de l'élément exceptionnel | Indemnité d'assurance à exclure | − 15 000 € |
| Capacité bénéficiaire réelle | 160 000 − 25 000 − 15 000 | 120 000 € |
La capacité bénéficiaire réelle (120 000 €) est ici inférieure de 40 000 € au résultat comptable affiché : sans ce retraitement, la sous-rémunération du dirigeant et l'indemnité exceptionnelle auraient artificiellement gonflé la rentabilité apparente de l'entreprise, et donc surestimé le goodwill calculé à partir d'elle.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Bonne pratique |
| Utiliser le résultat net comptable brut, sans aucun retraitement | Toujours partir d'un résultat courant retraité, représentatif de la rentabilité récurrente de l'activité |
| Retraiter la rémunération du dirigeant dans le mauvais sens, ou l'oublier | Comparer systématiquement la rémunération versée à un salaire de marché pour un poste équivalent, à la hausse comme à la baisse selon les cas |
| Se limiter au seul dernier exercice sans vérifier qu'il est représentatif | Lisser la capacité bénéficiaire sur plusieurs exercices (souvent 3) si un exercice isolé n'est pas représentatif de l'activité normale |
En résumé
| Point clé | Réponse |
| La capacité bénéficiaire réelle est-elle égale au résultat net comptable ? | Non : c'est un résultat retraité des éléments non récurrents et des anomalies de gestion (rémunération, conventions avec des tiers liés...) |
| Pourquoi ramener la rémunération du dirigeant à un salaire de marché ? | Parce qu'elle est souvent fixée selon les besoins personnels du dirigeant plutôt que selon le marché, ce qui fausse la rentabilité affichée |
| À quoi sert la capacité bénéficiaire réelle dans l'évaluation d'entreprise ? | Elle sert de base au calcul du superbénéfice, donc du goodwill, dans la méthode de la rente du goodwill |



