ESSENTIEL — Les critères de rentabilité d’un investissement : VAN, TRI, IP, DRCI
Pourquoi ce mémo ?
Évaluer un projet d'investissement suppose de comparer le capital investi initialement aux flux de trésorerie qu'il génère dans le futur, en tenant compte de la valeur temps de l'argent. Quatre critères sont couramment mobilisés
- VAN
- TRI
- indice de profitabilité (IP)
- Délai de récupération du capital investi (DRCI)
qui n'apportent pas tous la même information et peuvent, dans certains cas, conduire à des conclusions différentes.
Le mémo « Le calcul du TRI par interpolation linéaire » détaille le calcul manuel du TRI (voir « Dans la bibliothèque Rodco »).
Le principe général : actualiser les flux futurs
Un euro disponible aujourd'hui vaut plus qu'un euro disponible demain : les quatre critères actualisent donc les flux nets de trésorerie (FNT) futurs au taux de rentabilité exigé par l'entreprise, avant de les comparer au capital investi.
Ce capital investi intègre non seulement le coût de l'investissement, mais aussi le besoin en fonds de roulement d'exploitation (BFRE) que le projet génère dès sa mise en route.
Les quatre critères
| Critère | Formule | Ce qu’il mesure | Règle de décision |
| VAN | Σ FNT actualisés − Capital investi | Création de valeur en euros | VAN > 0 : projet rentable |
| TRI | Taux qui annule la VAN | Taux de rentabilité intrinsèque du projet | TRI > taux exigé : projet rentable |
| IP | 1 + VAN / Capital investi | Création de valeur par euro investi | IP > 1 : projet rentable |
| DRCI | Durée pour récupérer le capital investi (flux actualisés cumulés) | Vitesse de récupération, donc niveau de risque | Plus le DRCI est court, moins le projet est risqué |
Pourquoi ces critères peuvent-ils se contredire ?
- La VAN favorise les projets de grande ampleur, même à taux de rentabilité relativement modeste, car elle raisonne en euros et non en taux.
- L'IP, en rapportant la VAN au capital investi, permet de comparer des projets de tailles différentes sur une base commune.
- Le DRCI ignore tout flux postérieur au seuil de récupération : il peut ainsi favoriser un projet moins rentable globalement, mais plus rapide à rembourser. C'est un critère complémentaire de risque, pas de rentabilité pure.
Cas particulier : le BFRE généré par le projet
Le capital investi doit intégrer le BFRE initial généré par le projet, en plus du coût de l'investissement. Ce BFRE n'est pas « consommé » : il est récupéré intégralement (avec la valeur résiduelle éventuelle du bien) au dernier flux du projet, à sa fin de vie.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreurs fréquentes | Bonnes pratiques |
| ❌ Oublier d'intégrer le BFRE dans le capital investi initial | ✔️ Ajouter le BFRE au coût de l'investissement pour obtenir le capital réellement engagé |
| ❌ Oublier de récupérer le BFRE en fin de projet | ✔️ Réintégrer le BFRE (et la valeur résiduelle) dans le dernier flux net de trésorerie |
| ❌ Comparer deux projets de tailles très différentes uniquement sur la VAN | ✔️ Compléter par l'IP, qui neutralise l'effet taille |
| ❌ Actualiser les flux à un taux différent de celui exigé par l'entreprise | ✔️ Retenir un seul taux d'actualisation, cohérent pour les quatre critères |
En résumé
VAN, TRI, IP et DRCI actualisent tous les flux futurs d'un projet, mais répondent à des questions différentes : création de valeur en euros (VAN), taux de rentabilité intrinsèque (TRI), création de valeur par euro investi (IP), et rapidité de récupération donc niveau de risque (DRCI).
Une décision d'investissement robuste croise systématiquement plusieurs de ces critères plutôt que de se fier à un seul.
Dans la bibliothèque Rodco
Modèle Excel
Mémo
- Le calcul du TRI par interpolation linéaire
Entraînement ciblé



