ESSENTIEL - Les taxes annuelles sur les véhicules de tourisme (ex-TVS)

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La taxe sur les véhicules de société a disparu au 1er janvier 2022. Le sigle TVS reste pourtant employé partout, et il désigne aujourd'hui une réalité différente : deux taxes distinctes, bientôt trois, calculées selon des logiques propres et durcies chaque année pour pousser les entreprises à renouveler leur flotte.

Le principe

La TVS a été supprimée du Code général des impôts et remplacée par des taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques, désormais codifiées dans le Code des impositions sur les biens et services.

Le changement n'est pas seulement de nom. L'ancienne taxe reposait sur un calcul forfaitaire jugé trop éloigné des émissions réelles. Les nouvelles taxes suivent le véhicule lui-même : son taux d'émission, sa motorisation, sa date de mise en circulation.

Elles sont dues par toute entreprise qui possède, loue ou utilise un véhicule de tourisme pour son activité économique, quelle que soit sa forme juridique.

Trois taxes, trois logiques

Taxe Ce qu'elle mesure Depuis quand
Taxe annuelle sur les émissions de CO2 Le taux d'émission du véhicule, selon un barème par tranches 2022, en remplacement de la première composante de la TVS
Taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques La motorisation et la date de mise en circulation, par catégorie 2024, en remplacement de la taxe sur l'ancienneté
Taxe annuelle incitative au verdissement des flottes Le respect d'un quota de véhicules à faibles émissions 2025, pour les entreprises disposant d'une flotte importante

Les deux premières frappent chaque véhicule. La troisième frappe la flotte prise dans son ensemble, et seulement au-delà d'un certain nombre de véhicules.

Le calcul par tranches

Le taux d'émission à retenir figure sur le certificat d'immatriculation du véhicule, à la rubrique V.7. La méthode d'homologation, WLTP ou NEDC, se déduit de sa date de première immatriculation.

La taxe sur les émissions de CO2 se calcule comme l'impôt sur le revenu : par tranches successives, chacune assortie d'un tarif marginal. On ne cherche pas un taux unique applicable au total, on additionne le produit de chaque fraction par son tarif.

Situation du véhicule Barème applicable
Homologué selon la norme WLTP Barème fondé sur les émissions de CO2, le plus courant pour les véhicules récents
Homologué selon la norme NEDC Barème distinct, pour les véhicules mis en circulation avant le passage au WLTP
Importé hors Europe ou sans homologation Barème fondé sur la puissance fiscale

Les barèmes sont révisés chaque année et durcis jusqu'en 2027 au moins. Plutôt que de mémoriser des chiffres qui changeront, utiliser les fiches d'aide au calcul mises à disposition sur impots.gouv.fr : elles intègrent le barème de l'année et évitent les erreurs de tranche.

Une différence essentielle entre les trois barèmes : les barèmes WLTP et NEDC sont progressifs par tranches, tandis que le barème fondé sur la puissance administrative donne un montant annuel forfaitaire selon la tranche de puissance, sans cumul.

Puissance administrative Montant annuel 2026
Jusqu'à 3 CV 2 000 €
De 4 à 6 CV 3 000 €
De 7 à 10 CV 4 500 €
De 11 à 15 CV 5 250 €
À partir de 16 CV 6 500 €

Ces montants s'appliquent aux véhicules sans réception européenne, ou déjà immatriculés et affectés à l'activité avant le 1er janvier 2006. Ils sont sensiblement plus lourds que ceux des barèmes CO2 : un véhicule ancien de 7 CV supporte 4 500 €, quand un véhicule récent émettant 100 g/km n'en paie que 213.

La taxe sur les polluants atmosphériques

Cette seconde taxe ne connaît aucune progressivité. Le véhicule relève d'une catégorie, et le tarif forfaitaire s'applique.

Catégorie Définition Tarif 2026
Catégorie E Électricité, hydrogène ou combinaison des deux 0 €
Catégorie 1 Moteur thermique à allumage commandé respectant Euro 5 ou Euro 6 130 €
Autres véhicules Tous les autres, dont les motorisations diesel 650 €

Ces catégories correspondent aux vignettes Crit'Air : verte pour la catégorie E, violette pour la catégorie 1, et jaune à grise pour les véhicules les plus polluants.

Point à ne pas confondre : les véhicules hybrides ne sont plus exonérés de la taxe sur les émissions de CO2 depuis 2025, mais ils relèvent bien de la catégorie 1 pour la taxe sur les polluants, à 130 €.

« Allumage commandé » désigne un moteur à bougies, donc essence ou superéthanol. Un moteur diesel fonctionne par allumage par compression et relève des autres véhicules, quelle que soit sa norme Euro.

La norme Euro du véhicule figure sur son certificat d'immatriculation, rubrique V.9. Elle correspond aux seuils européens d'émission de polluants en vigueur lors de sa réception, de plus en plus stricts au fil des versions.

Ce qui change en 2026

Évolution Conséquence
Le seuil de déclenchement de la taxe CO2 descend à 5 g/km Contre 10 g/km en 2025 : des véhicules jusqu'ici hors champ deviennent taxables
La taxe sur les polluants atmosphériques augmente La hausse frappe surtout les motorisations diesel et les véhicules essence récents
Le seuil de la taxe sur la masse en ordre de marche passe de 1,6 à 1,5 tonne L'assiette s'élargit aux SUV et berlines familiales lourdes
Le quota de véhicules à faibles émissions monte à 18 % Contre 15 % en 2025, puis 25 % en 2027 pour les flottes concernées

Les exonérations

Bénéficiaire de l'exonération Portée
Entreprises individuelles Exonération totale des deux taxes
Véhicules électriques et à hydrogène Exonération totale, y compris de la taxe sur les polluants
Véhicules affectés à des activités spécifiques Taxis, auto-écoles, transport de personnes : exonération permanente
Véhicules dérivés de véhicules particuliers Hors du champ des taxes
Véhicules accessibles en fauteuil roulant Exonérés, sous réserve du respect des règles de minimis
Véhicules affectés à la location Exonération au bénéfice du seul loueur
Véhicules de courtoisie Exonérés au profit du garagiste qui les met à disposition
Locations de très courte durée Un mois civil ou trente jours consécutifs au plus dans l'année
Activités agricoles ou forestières, compétitions sportives Exonération liée à l'usage, proratisée en cas d'usage mixte
Véhicules au superéthanol E85 Abattement de 40 % sur les émissions de CO2, sauf au-delà de 250 g/km, et de 2 CV sur la puissance fiscale, sauf au-delà de 12 CV

Attention à une évolution qui surprend encore : depuis le 1er janvier 2025, les véhicules hybrides ne bénéficient plus d'aucune exonération de la taxe sur les émissions de CO2. Ils sont taxés sur leurs émissions réelles, comme les autres.

La déclaration

Point Règle
Période d'imposition L'année civile, avec déclaration l'année suivante
Calcul forfaitaire trimestriel Supprimé depuis le 1er janvier 2025 : plus possible pour les taxes dues au titre de 2025
Support déclaratif Annexe à la déclaration de TVA, ou formulaire dédié selon le régime de l'entreprise
Base de calcul Prorata de la durée d'affectation du véhicule à des fins économiques dans l'année

Le traitement comptable et fiscal

Point Règle
Compte de charge 63514, subdivision du compte 635 « Autres impôts, taxes et versements assimilés »
Contrepartie 4481 pour la charge à payer à la clôture, puis 447 à la déclaration
Rattachement À l'exercice d'affectation des véhicules, non à celui du paiement
Déductibilité Aucune, pour toutes les entreprises depuis les exercices ouverts en 2024
Conséquence Réintégration extra-comptable du montant dans la détermination du résultat fiscal

Ce dernier point mérite attention : jusqu'aux exercices 2023, la taxe était déductible pour les entreprises relevant de l'impôt sur le revenu, et non déductible pour celles soumises à l'impôt sur les sociétés. L'article 100, II de la loi de finances pour 2024 a supprimé ce traitement différencié.

Un même véhicule peut ainsi donner lieu à deux réintégrations distinctes : celle de la taxe, et celle de la fraction d'amortissement excédant le plafond fiscal. Elles se cumulent sans se confondre.

Cas particuliers

Situation Ce qu'il faut retenir
Véhicule loué en longue durée Le locataire est redevable dès lors que le véhicule est affecté à son activité
Véhicule d'un salarié remboursé au kilomètre La taxe est due par l'entreprise, atténuée par un coefficient pondérateur puis par une minoration de 15 000 €
Minoration de 15 000 € Elle relève des aides de minimis : plafond global de 300 000 € sur trois ans, ou 50 000 € dans le secteur agricole
Véhicule acquis en cours d'année La taxe est proratisée sur la durée d'affectation
Entreprise individuelle passée en société L'exonération tombe : la société est redevable pour ses véhicules
Flotte inférieure au seuil La taxe incitative au verdissement ne s'applique pas, les deux autres restent dues
Véhicule utilitaire Hors du champ des taxes sur les véhicules de tourisme, mais susceptible de relever de la taxe à l'essieu s'il est lourd
Entreprise à exercice décalé La période d'imposition reste l'année civile : l'exercice chevauche deux périodes et supporte une fraction de chacune

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur fréquente Bonne pratique
Parler encore de « la TVS » au singulier Il s'agit de deux taxes distinctes, bientôt trois, aux règles différentes
Croire les hybrides toujours exonérés L'exonération a pris fin au 1er janvier 2025
Chercher les textes dans le Code général des impôts Ils ont été transférés au Code des impositions sur les biens et services
Appliquer un taux unique aux émissions totales Le barème est progressif par tranches, comme celui de l'impôt sur le revenu
Reprendre le barème de l'année précédente Les tarifs sont relevés chaque année : vérifier le barème de l'exercice concerné
Oublier les véhicules loués ou remboursés au kilomètre Ils entrent dans le champ dès lors qu'ils servent à l'activité
Déduire la taxe du résultat fiscal Elle n'est déductible pour aucune entreprise depuis 2024 : la réintégrer
Classer un diesel Euro 6 en catégorie 1 La catégorie 1 suppose un allumage commandé : le diesel relève des autres véhicules

En résumé

Principe Ce qu'il implique
La TVS n'existe plus Deux taxes l'ont remplacée en 2022, une troisième s'y ajoute depuis 2025
Un changement de code Les textes relèvent désormais du CIBS, non du CGI
Une logique environnementale Le calcul suit les émissions réelles du véhicule, non un forfait
Un durcissement programmé Seuils abaissés et tarifs relevés chaque année jusqu'en 2027 au moins
Une seule exonération large L'entreprise individuelle et le véhicule électrique ou à hydrogène
Deux données sur la carte grise La rubrique V.7 pour le CO2, la rubrique V.9 pour la norme Euro
Trois barèmes CO2 WLTP et NEDC par tranches, puissance administrative au forfait
Une charge non déductible Comptabilisée en 63514, puis réintégrée au résultat fiscal

Cette matière évolue chaque année par les lois de finances successives. Les seuils, tarifs et quotas cités correspondent à l'état du droit au moment de la rédaction : vérifier les valeurs applicables sur impots.gouv.fr avant tout calcul.

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