ESSENTIEL - Le calcul de l'impôt sur le revenu
Modifié le 13/10/2026
L'impôt sur le revenu se calcule par foyer fiscal. Le revenu net imposable du foyer est divisé par le nombre de parts. Le barème progressif s'applique ensuite au quotient obtenu, par tranches de 0 % à 45 %. Pour les revenus de 2025, l'avantage procuré par chaque demi-part liée aux enfants est plafonné à 1 807 €. La décote, les réductions et les crédits d'impôt corrigent enfin l'impôt brut.
Prenons deux artisans qui réalisent le même bénéfice de 40 000 €. Le premier exerce en entreprise individuelle. Le second exerce dans une SARL soumise à l'impôt sur les sociétés. Le premier artisan déclare le bénéfice dans sa déclaration personnelle de revenus. Pour le second artisan, c'est la SARL qui paie l'impôt sur les sociétés. Les deux artisans ne paient donc ni le même impôt, ni à la même date, ni sur la même base.
Le mot « artisan » désigne une activité, pas un régime fiscal. Pour connaître l'impôt dû, il faut d'abord connaître la forme d'exercice. Si l'activité relève de l'impôt sur le revenu, il faut ensuite connaître la composition du foyer, les autres revenus perçus et les charges déductibles. Cette prise en compte de la situation personnelle distingue l'impôt sur le revenu de l'impôt sur les sociétés. L'impôt sur les sociétés est proportionnel et ne tient pas compte de la situation personnelle des associés.
Cet essentiel détaille l'ordre des étapes du calcul, puis la différence entre taux marginal et taux moyen.
Le principe
L'impôt sur le revenu frappe le foyer fiscal, pas l'individu ni l'entreprise. Le foyer fiscal regroupe le contribuable, son conjoint marié ou partenaire de PACS, et les personnes à sa charge. Le foyer fiscal déclare l'ensemble de ses revenus, quelle qu'en soit l'origine, dans une déclaration unique.
L'impôt sur le revenu présente trois caractères :
- il est progressif : le taux augmente par tranches de revenu ;
- il est personnalisé : il tient compte de la composition du foyer ;
- il est annuel : il porte sur les revenus d'une année.
Le calcul suit sept étapes. Chaque étape modifie la base ou le montant de l'impôt.
Les sept étapes du calcul
| Étape | Ce qu'on fait | Résultat ou point d'attention |
|---|---|---|
| 1. Déterminer les revenus catégoriels | On calcule chaque revenu selon les règles de sa catégorie. On impute ensuite les déficits éventuels. | Le résultat de l'entreprise individuelle entre dans le calcul à cette étape, en BIC, en BNC ou en BA. |
| 2. Obtenir le revenu brut global | On additionne les revenus catégoriels nets. | Les règles d'imputation des déficits varient selon la catégorie. |
| 3. Déduire les charges déductibles | On déduit les pensions alimentaires, les versements sur un plan d'épargne retraite et la fraction déductible de la CSG. | On obtient le revenu net global. |
| 4. Appliquer les abattements spéciaux | On applique les abattements prévus pour les personnes âgées ou invalides, sous condition de ressources. | On obtient le revenu net imposable. Ce montant figure sur l'avis d'imposition. |
| 5. Diviser par le nombre de parts | Le quotient familial adapte l'impôt à la composition du foyer. | Cette division atténue la progressivité pour les familles. |
| 6. Appliquer le barème, puis multiplier | On applique le barème au quotient obtenu. On multiplie le résultat par le nombre de parts. | On obtient l'impôt brut. |
| 7. Corriger l'impôt brut | On applique le plafonnement du quotient familial, la décote, les réductions et les crédits d'impôt. | On obtient l'impôt net. L'impôt net est comparé aux prélèvements déjà opérés. |
Les catégories de revenus
| Catégorie | Ce qu'elle recouvre | Particularité |
|---|---|---|
| Traitements et salaires | Salaires, pensions et retraites | Abattement forfaitaire de 10 %, ou frais réels sur option |
| Bénéfices industriels et commerciaux | Activités commerciales, industrielles et artisanales | Régime micro avec abattement, ou régime réel sur le bénéfice effectif |
| Bénéfices non commerciaux | Professions libérales et activités intellectuelles | Micro-BNC ou déclaration contrôlée ; pas de réel simplifié |
| Bénéfices agricoles | Exploitations agricoles | Régimes propres, avec des mécanismes de lissage sur plusieurs années |
| Revenus fonciers | Locations d'immeubles nus | Micro-foncier ou régime réel, avec imputation encadrée des déficits |
| Revenus de capitaux mobiliers | Dividendes, intérêts, produits de placement | Prélèvement forfaitaire unique de principe, ou option pour le barème |
Chaque catégorie a ses propres règles de détermination. Les revenus ne s'additionnent qu'une fois le revenu net de chaque catégorie obtenu. Pour l'exploitant individuel, le résultat fiscal de l'entreprise devient un revenu parmi d'autres, au même titre que le salaire du conjoint ou les revenus locatifs du foyer.
Le quotient familial
| Situation | Nombre de parts | Précision |
|---|---|---|
| Célibataire, divorcé ou veuf sans personne à charge | 1 part | Des majorations existent dans certaines situations, notamment pour les parents isolés |
| Couple marié ou pacsé | 2 parts | L'imposition est commune, sauf option pour l'imposition séparée l'année du mariage |
| Premier et deuxième enfant à charge | 0,5 part chacun | La demi-part s'ajoute au nombre de parts du foyer |
| À partir du troisième enfant | 1 part par enfant | L'avantage est donc plus marqué à partir du troisième |
Diviser le revenu par le nombre de parts réduit le quotient. Le quotient atteint alors une tranche plus basse du barème, et le taux appliqué diminue.
L'avantage procuré par les demi-parts liées aux enfants est plafonné à 1 807 € par demi-part supplémentaire, pour l'imposition des revenus de 2025. L'administration calcule l'impôt avec et sans ces demi-parts, puis retient le résultat le plus favorable dans la limite de ce plafond.
Le barème applicable en 2026
La loi de finances fixe le barème chaque année. Le barème applicable en 2026, aux revenus de 2025, résulte de la loi du 19 février 2026. Cette loi revalorise les tranches de 0,9 %.
| Fraction du revenu par part | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Cette distinction entre taux marginal et taux moyen est celle qui alimente le plus de contresens. Le taux marginal ne s'applique qu'au dernier euro gagné ; il sert à mesurer l'intérêt d'une déduction supplémentaire, non à calculer l'impôt.
{b}Exemple chiffré{/b}
Un célibataire sans personne à charge dispose d'une part. Son revenu net imposable est de 30 000 €. Il ne bénéficie d'aucune réduction ni d'aucun crédit d'impôt.
- La fraction jusqu'à 11 600 € est taxée à 0 % : 0 €.
- La fraction de 11 601 € à 29 579 € est taxée à 11 % : 1 977,69 €.
- La fraction au-delà de 29 579 €, soit 421 €, est taxée à 30 % : 126,30 €.
L'impôt s'élève à 2 103,99 €. À ce niveau d'impôt, la décote ne s'applique pas. Le taux moyen est de 7,01 %, alors que le taux marginal est de 30 %.
{b}Taux marginal et taux moyen{/b}
Le taux marginal est le taux de la tranche la plus haute atteinte par le quotient. Il ne s'applique qu'à la dernière fraction du revenu. Il sert à mesurer l'économie procurée par une déduction supplémentaire. Il ne sert pas à calculer l'impôt.
Le taux moyen rapporte l'impôt au revenu net imposable. Il mesure la charge fiscale réelle du foyer.
Les corrections après le barème
| Mécanisme | Ce qu'il fait | Précision |
|---|---|---|
| Plafonnement du quotient familial | Limite l'avantage procuré par les demi-parts liées aux enfants | 1 807 € par demi-part pour les revenus de 2025 |
| Décote | Réduit l'impôt des foyers faiblement imposés, jusqu'à l'annuler | 897 € pour une personne seule, 1 483 € pour un couple, diminués de 45,25 % de l'impôt brut |
| Réductions d'impôt | Diminuent l'impôt dû, sans pouvoir le rendre négatif | Dons, emploi à domicile pour partie, souscriptions au capital de PME |
| Crédits d'impôt | Diminuent l'impôt et sont remboursés s'ils excèdent son montant | Frais de garde, emploi à domicile pour partie |
Le prélèvement à la source
Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé au cours de l'année de perception des revenus. Le prélèvement à la source ne modifie ni le calcul de l'impôt, ni l'obligation de déposer une déclaration annuelle. Le prélèvement est une avance. Cette avance est régularisée l'été suivant, une fois l'impôt définitif calculé.
Pour le salarié, l'employeur prélève l'impôt en appliquant le taux transmis par l'administration. L'entrepreneur individuel n'a pas de tiers collecteur. L'entrepreneur verse des acomptes mensuels ou trimestriels, calculés sur le dernier bénéfice connu.
Deux situations demandent une attention particulière :
- l'année de création : aucun bénéfice antérieur ne sert de base au calcul des acomptes ;
- une forte variation du résultat : l'entrepreneur peut demander la modulation de ses acomptes.
Cas particuliers
| Situation | Ce qu'il faut retenir | Pour aller plus loin |
|---|---|---|
| Entreprise individuelle | Le bénéfice est imposé chez l'exploitant, dans sa déclaration personnelle : aucune écriture d'impôt en comptabilité | La rémunération de l'exploitant n'est pas une charge déductible : elle fait partie du bénéfice imposé |
| Société de personnes à l'IR | Chaque associé est imposé sur sa quote-part de résultat, qu'elle soit distribuée ou non | L'impôt suit la part détenue, non les sommes effectivement perçues |
| Micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire | L'impôt est prélevé au fil du chiffre d'affaires, à un taux forfaitaire, et non par application du barème | L'option n'est ouverte que sous condition de revenu fiscal de référence |
| Déficit d'une catégorie | Il s'impute selon des règles propres à chaque catégorie, parfois sur le revenu global, parfois sur la seule catégorie | Un déficit BIC professionnel s'impute sur le revenu global ; un déficit non professionnel non |
| Année de création | Le prélèvement à la source ne peut pas s'appuyer sur un bénéfice antérieur | L'entrepreneur peut déclarer un acompte estimé, sous peine de régularisation importante l'année suivante |
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Conséquence | Bonne pratique |
|---|---|---|
| Confondre taux marginal et taux moyen | Impôt surestimé, décisions de gestion faussées | Le taux marginal ne frappe que la dernière fraction du revenu : calculer le taux moyen pour mesurer la charge réelle |
| Appliquer le barème au revenu total du foyer | Impôt très surévalué, puisque la division par les parts est omise | Diviser d'abord par le nombre de parts, appliquer le barème, puis multiplier |
| Enregistrer l'impôt sur le revenu en charge chez l'entrepreneur individuel | Résultat fiscal minoré, réintégration au contrôle | L'impôt est personnel : il n'entre pas dans les comptes de l'entreprise |
| Oublier le plafonnement du quotient familial | Avantage familial surestimé pour les revenus élevés | Le gain par demi-part est limité, et l'administration retient le calcul le plus favorable dans cette limite |
| Négliger la modulation des acomptes | Trésorerie tendue en cas de baisse d'activité, ou régularisation lourde en cas de hausse | Les acomptes se modulent en cours d'année depuis l'espace personnel |
| Croire le prélèvement à la source libératoire | Déclaration annuelle négligée, alors qu'elle reste obligatoire | Le prélèvement est une avance : seule la déclaration détermine l'impôt réellement dû |
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En résumé
| Principe | Ce qu'il impose |
|---|---|
| L'impôt frappe le foyer | Composition familiale et ensemble des revenus entrent dans un calcul unique |
| Chaque revenu a ses règles | Le résultat de l'entreprise n'est qu'un revenu catégoriel parmi d'autres |
| La progressivité s'applique par tranches | Seule la fraction située dans une tranche est taxée à son taux |
| Le quotient familial personnalise, dans une limite | La division par les parts atténue la progressivité, mais l'avantage est plafonné |
| Le barème n'est pas la dernière étape | Décote, réductions et crédits interviennent après |
| En entreprise individuelle, l'impôt reste personnel | Aucune écriture ne le constate dans les comptes de l'entreprise |
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