ESSENTIEL - Régimes d'imposition : IS ou IR, par défaut ou sur option

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Toute entreprise relève, pour l'imposition de son résultat,

  • soit de l'impôt sur le revenu,
  • soit de l'impôt sur les sociétés.

Ce régime découle d'abord de la forme juridique, mais la loi permet de l'aménager par une option : cinq exercices non renouvelables pour une société de capitaux qui choisit l'impôt sur le revenu, et une renonciation possible dans les cinq exercices pour une société de personnes qui a opté pour l'impôt sur les sociétés.
Le choix détermine qui est imposé, sur quelle base et à quel taux.

Le principe

  • À l'impôt sur le revenu, la société est fiscalement transparente : son résultat est imposé au nom de ses associés, au barème progressif, à proportion de leurs droits dans la société.
  • À l'impôt sur les sociétés, la société est un contribuable à part entière : son résultat est imposé à son niveau, à un taux proportionnel, indépendamment de la situation personnelle de ses associés.

Le régime par défaut selon la forme juridique

Forme juridique Régime par défaut Option possible
Entreprise individuelle, micro-entreprise Impôt sur le revenu : BIC, BNC ou BA Option pour l'IS possible, par assimilation à une EURL
EURL dont l'associé unique est une personne physique Impôt sur le revenu Option pour l'IS possible
Société en nom collectif, société civile Impôt sur le revenu : chaque associé est imposé sur sa quote-part Option pour l'IS possible
SARL, SA, SAS Impôt sur les sociétés, obligatoire Option temporaire pour l'IR sous conditions, ou durée illimitée pour une SARL de famille

Les options : conditions et durée

Option Conditions principales Durée
Option pour l'IS, sociétés de personnes Décision des associés, formalisée auprès de l'administration En principe irrévocable, avec une renonciation possible dans les cinq exercices suivant l'option, depuis la loi PACTE de 2019
Option pour l'IR, SARL, SA et SAS Société non cotée, créée depuis moins de cinq ans, moins de 50 salariés, chiffre d'affaires ou total de bilan inférieur à 10 millions d'euros, droits de vote détenus à 50 % au moins par des personnes physiques dont 34 % au moins par des dirigeants Cinq exercices, non renouvelable
Option pour l'IR, SARL de famille SARL constituée entre membres d'une même famille, exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole Illimitée, tant que les conditions restent remplies

Ce que le régime change

Critère Impôt sur le revenu Impôt sur les sociétés
Qui est imposé Chaque associé, sur sa quote-part de résultat La société elle-même, personne morale distincte
Taux applicable Barème progressif de 0 à 45 %, plus prélèvements sociaux 25 %, ou 15 % sur la fraction de bénéfice inférieure ou égale à 42 500 € pour les PME éligibles
Sommes distribuées Pas de nouvelle imposition : le résultat a déjà été imposé au nom des associés Les dividendes sont imposés une seconde fois chez les associés, sauf régime mère-fille
Sort des déficits Imputables directement sur le revenu global de chaque associé Reportables au seul niveau de la société, en avant ou en arrière

Cas particuliers

Situation Ce qu'il faut retenir Pour aller plus loin
Une entreprise individuelle veut être imposée à l'IS Possible depuis la réforme du statut de l'entrepreneur individuel, par assimilation fiscale à une EURL Vérifier les conséquences pratiques, formalisme et rémunération du dirigeant, avant d'opter
Une SARL, SA ou SAS change de régime Le changement peut entraîner les conséquences fiscales d'une cessation d'activité : imposition immédiate des bénéfices en sursis et des plus-values latentes Anticiper cette bascule avant toute décision d'option ou de renonciation
L'option pour l'IR arrive à son terme La société repasse automatiquement et définitivement à l'IS, sans renouvellement possible Anticiper ce retour dans la gestion prévisionnelle
Société de personnes et quote-part des associés Chaque associé est imposé sur sa part, même en l'absence de distribution MÉMO - Les sociétés de personnes : qui paie l'impôt sur le bénéfice ?

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Conséquence Bonne pratique
Confondre l'option pour l'IR des sociétés de capitaux et le régime par défaut des sociétés de personnes Durée et conditions mal anticipées Vérifier d'abord la forme juridique de départ avant d'évoquer une option
Croire l'option pour l'IS toujours irrévocable Occasion manquée de renoncer dans le délai légal Retenir le délai de renonciation de cinq exercices, ouvert depuis la loi PACTE de 2019
Ignorer les conséquences fiscales d'un changement de régime Imposition immédiate non anticipée des bénéfices en sursis et des plus-values latentes Simuler l'impact fiscal avant tout changement
Ne pas vérifier chaque condition de l'option Option inapplicable ou caduque : une seule condition non remplie suffit Reprendre les conditions une à une, elles sont cumulatives
Choisir le régime sur la seule fiscalité immédiate Choix inadapté à la situation des associés ou à l'évolution de l'activité Simuler l'imposition sous les deux régimes avant d'opter
Laisser expirer l'option pour l'IR sans l'avoir anticipée Retour à l'IS subi, non intégré dans les prévisions Inscrire le terme de l'option dans l'échéancier de la société

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En résumé

Principe Ce qu'il impose
Le rattachement suit la forme juridique Le régime découle en premier lieu du statut de l'entreprise
Une liberté encadrée Les options existent, mais sont strictement conditionnées et parfois limitées dans le temps
Un choix global Le régime ne se choisit pas sur la seule fiscalité immédiate, mais sur la situation d'ensemble de l'entreprise et de ses associés
Une bascule à anticiper Tout changement de régime peut emporter les conséquences d'une cessation d'activité

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