MÉMO - Les relances clients

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Une facture qui dépasse son échéance n'appelle pas immédiatement une mise en demeure : le recouvrement client suit une gradation, de la simple relance préventive jusqu'à la mise en demeure qui précède l'action contentieuse.

Respecter cette gradation préserve la relation commerciale tout en sécurisant le recouvrement.

Concrètement, il s'agit de savoir quelles sont les étapes, et jusqu'à quand on peut agir.

Réponse rapide

Question Réponse
Faut-il attendre l'échéance pour relancer ? Non : une relance préventive sécurise le paiement, notamment sur les montants importants
Qu'est-ce qu'une mise en demeure ? Un courrier formel, avec accusé de réception, qui somme le client de payer et fait courir certains effets juridiques
Jusqu'à quand une créance commerciale peut-elle être recouvrée ? Cinq ans à compter de son échéance, sauf régime particulier, article L. 110-4 du Code de commerce

Les étapes d'un processus de relance gradué

Étape Moment Forme Objectif
Relance préventive Avant l'échéance, par exemple à J-5 E-mail ou SMS informatif Rappeler l'échéance à venir, sans caractère comminatoire
Relance amiable simple Peu après l'échéance, par exemple à J+8 E-mail ou appel Signaler le retard et proposer un règlement rapide
Relance amiable renforcée Retard confirmé, de J+15 à J+30 Courrier ou e-mail plus formel Insister sur les conséquences d'un retard prolongé
Mise en demeure Relances amiables sans effet Lettre recommandée avec accusé de réception Formaliser la demande et ouvrir la voie au contentieux

Un exemple d'échéancier de relance

Une facture de 4 500 € HT, échue le 30 avril, reste impayée. L'entreprise applique l'échéancier suivant :

  • 25 avril : relance préventive par e-mail, rappel de l'échéance à venir
  • 8 mai (J+8) : relance amiable simple, par e-mail
  • 15 mai (J+15) : relance amiable renforcée, par courrier
  • 30 mai (J+30) : mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, délai de paiement de 8 jours
  • En l'absence de réponse : orientation vers une procédure de recouvrement contentieux (injonction de payer ou référé-provision)

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Conséquence Bonne pratique
Passer directement à la mise en demeure Relation commerciale dégradée sur ce qui n'était peut-être qu'un oubli Respecter la gradation : préventive, amiable simple, amiable renforcée, puis mise en demeure
Envoyer une mise en demeure par simple e-mail Aucune preuve de réception opposable le jour où le dossier part au contentieux Utiliser la lettre recommandée avec accusé de réception
Laisser une créance impayée sans relance pendant des mois Les chances de recouvrement amiable s'effondrent avec l'ancienneté Formaliser un échéancier déclenché dès le dépassement de l'échéance
Oublier le délai de prescription La créance devient irrécouvrable en droit, sans qu'aucune procédure n'ait été engagée Suivre l'échéance de chaque facture et agir avant l'expiration des cinq ans
Ne conserver aucune trace des relances envoyées Ni la dépréciation ni l'action contentieuse ne peuvent être étayées Archiver chaque relance : c'est la pièce qui justifie la suite
Relancer sans avoir lettré le compte au préalable Le client reçoit une relance sur une facture déjà réglée Lettrer avant toute campagne de relance

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En résumé

Point clé Réponse
Quel est le délai de prescription d'une créance commerciale ? Cinq ans à compter de l'exigibilité, sauf délai spécial, article L. 110-4 du Code de commerce
La mise en demeure interrompt-elle la prescription ? Non : seules une action en justice ou une reconnaissance de dette l'interrompent
Que faire si la mise en demeure reste sans réponse ? Engager une procédure de recouvrement contentieux

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