MÉMO - Les prélèvements sociaux : CSG, CRDS et prélèvement de solidarité

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Un salarié supporte 9,7 % de prélèvements sociaux, un propriétaire bailleur 18,6 % sur ses loyers. Même pays, même année, deux taux du simple au double — et une partie seulement est déductible de l'impôt sur le revenu. La différence ne tient pas au montant perçu mais à la nature du revenu.

Ces prélèvements sont juridiquement des impositions, non des cotisations : ils n'ouvrent aucun droit en contrepartie. C'est ce qui explique qu'ils figurent au programme de droit fiscal et non de droit social.

Réponse rapide

Question Réponse
Quel taux sur les salaires ? 9,7 % : CSG à 9,2 % et CRDS à 0,5 %, sur 98,25 % du salaire brut
Quel taux sur les revenus du patrimoine ? 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant
Qu'est-ce qui a changé en 2026 ? La CSG sur le patrimoine passe de 9,2 % à 10,6 %, par la loi de financement de la sécurité sociale
Toute la CSG est-elle déductible ? Non. 6,8 points seulement, et uniquement en cas d'imposition au barème progressif
La CRDS est-elle déductible ? Jamais. Son taux est de 0,5 % depuis 1996, sans exception ni exonération
Cotisation ou impôt ? Impôt. Aucune contrepartie en droits sociaux, d'où leur nature d'imposition

Les quatre composantes

Prélèvement Ce qu'il finance Particularité
CSG La protection sociale dans son ensemble : maladie, famille, autonomie C'est la seule dont une fraction est déductible du revenu imposable
CRDS Le remboursement de la dette sociale, portée par la CADES Taux fixe de 0,5 % depuis 1996, jamais déductible. Son extinction est prévue avec celle de la dette
Prélèvement de solidarité Des prestations non contributives comme le RSA ou la prime d'activité 7,5 %, mais uniquement sur les revenus du patrimoine et de placement
CASA L'autonomie des personnes âgées 0,3 %, applicable aux pensions de retraite et d'invalidité

Les taux par catégorie de revenus

Revenus CSG Autres Total
Activité salariée 9,2 % CRDS 0,5 % 9,7 %
Patrimoine et placements 10,6 % CRDS 0,5 % et solidarité 7,5 % 18,6 %
Pensions de retraite, taux normal 8,3 % CRDS 0,5 % et CASA 0,3 % 9,1 %
Allocations chômage, taux normal 6,2 % CRDS 0,5 % 6,7 %

La hausse de 2026 ne concerne que les revenus du patrimoine et de placement : revenus fonciers, plus-values mobilières et immobilières, intérêts, dividendes, gains d'assurance-vie et de plan d'épargne en actions. Elle résulte de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui a créé une contribution affectée à la branche autonomie. Les revenus d'activité et de remplacement sont restés inchangés.

Sur les salaires, l'assiette mérite attention : la CSG et la CRDS se calculent sur 98,25 % du brut, un abattement de 1,75 % étant appliqué au titre des frais professionnels. Cet abattement est plafonné, et il ne s'applique pas à toutes les composantes de la rémunération.

Pour les retraités, le taux dépend du revenu fiscal de référence : quatre niveaux existent, de l'exonération totale au taux normal, ce qui explique qu'un même montant de pension puisse supporter des prélèvements très différents.

La CSG déductible

Une fraction de la CSG vient en déduction du revenu imposable de l'année suivante. C'est le seul mécanisme qui atténue le cumul avec l'impôt sur le revenu, et il obéit à des règles précises.

Revenus Fraction déductible Condition
Salaires 6,8 points sur les 9,2 % Déduction automatique, opérée par l'administration
Pensions de retraite 5,9 points sur les 8,3 % Automatique également
Patrimoine et placements 6,8 points seulement Uniquement en cas d'imposition au barème progressif. Le supplément de 1,4 point instauré en 2026 n'est pas déductible
Revenus soumis au prélèvement forfaitaire unique Aucune L'option pour le barème est la condition de la déductibilité

C'est le point d'arbitrage le plus concret pour un contribuable disposant de dividendes ou d'intérêts : opter pour le barème progressif ouvre la déductibilité de 6,8 points, mais soumet les revenus au taux marginal. Le calcul dépend donc de la tranche atteinte, et il se refait chaque année.

Le cas des indépendants

Pour un entrepreneur individuel, un professionnel libéral ou un gérant majoritaire, la CSG et la CRDS ne sont pas prélevées à la source : elles sont recouvrées par l'URSSAF avec les cotisations sociales, sur la base du bénéfice fiscal de l'année, avec régularisation l'année suivante.

Cette assiette a une conséquence que les créateurs découvrent souvent tard : les prélèvements sociaux portent sur le résultat, non sur les sommes prélevées par le dirigeant. Un exercice bénéficiaire dont le résultat est laissé dans l'entreprise supporte malgré tout la CSG et la CRDS.

Cas particuliers

Situation Ce qu'il faut retenir Pour aller plus loin
Affiliation à un régime social européen Les personnes affiliées dans un autre État de l'Espace économique européen, au Royaume-Uni ou en Suisse sont exonérées de CSG et de CRDS sur leurs revenus du patrimoine Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû. C'est la suite de la jurisprudence De Ruyter
Retraité à faibles ressources Le taux de CSG varie selon le revenu fiscal de référence, jusqu'à l'exonération totale Le passage d'un taux à l'autre suppose deux années consécutives de dépassement du seuil
Dividendes du dirigeant Une fraction peut être soumise aux cotisations sociales plutôt qu'aux prélèvements sociaux, selon la forme de la société En SARL, la part excédant 10 % du capital et des comptes courants relève des cotisations
Plus-value immobilière Elle supporte les prélèvements sociaux au taux du patrimoine, avec un abattement pour durée de détention propre L'exonération sociale complète n'intervient qu'après trente ans, contre vingt-deux pour l'impôt
Nature juridique Ce sont des impositions de toutes natures, et non des cotisations D'où la compétence du juge de l'impôt et le rattachement au droit fiscal

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Conséquence Bonne pratique
Retenir 17,2 % sur les revenus du patrimoine Prélèvement sous-évalué de 1,4 point sur toutes les projections Le taux est de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026
Croire toute la CSG déductible Base imposable minorée à tort, redressement probable 6,8 points seulement, et jamais la CRDS ni le prélèvement de solidarité
Déduire la CSG en cas de prélèvement forfaitaire unique Déduction refusée : elle suppose l'option pour le barème Le choix entre PFU et barème emporte celui de la déductibilité
Confondre cotisations et prélèvements sociaux Raisonnement faussé sur les droits acquis et sur la nature juridique Les cotisations ouvrent des droits, les prélèvements sociaux non : ce sont des impôts
Calculer la CSG salariale sur 100 % du brut Prélèvement surévalué de 1,75 % L'assiette est de 98,25 % du brut, dans la limite du plafond d'abattement
Croire les prélèvements dus sur les seules sommes prélevées par le dirigeant Trésorerie non anticipée chez un indépendant qui laisse le résultat dans l'entreprise L'assiette est le bénéfice fiscal, indépendamment des sommes effectivement prélevées

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En résumé

Principe Ce qu'il impose
Ce sont des impôts, pas des cotisations Aucune contrepartie en droits sociaux, d'où leur place en droit fiscal
Le taux suit la nature du revenu 9,7 % sur les salaires, 18,6 % sur le patrimoine, des taux intermédiaires sur les revenus de remplacement
La hausse de 2026 cible le capital CSG portée à 10,6 % sur le patrimoine, revenus d'activité inchangés
Une déductibilité partielle et conditionnée 6,8 points de CSG, et seulement au barème progressif
L'assiette salariale est abattue 98,25 % du brut, au titre des frais professionnels
Chez l'indépendant, l'assiette est le bénéfice Prélèvements dus même si le résultat n'est pas appréhendé

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