MÉMO - Les écarts de conversion : quelle écriture à la clôture ?

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À la date de clôture, les factures en devises encore ouvertes ne valent plus le montant pour lequel elles ont été comptabilisées : le cours a bougé depuis leur enregistrement. Cet écart ne se traite pas comme une charge ou un produit ordinaire, puisque rien n'est encore encaissé ni payé.

Concrètement, il s'agit de savoir : quelle écriture passer à l'inventaire, et pourquoi elle ne touche pas le résultat.

Réponse rapide

Situation constatée Écriture à la clôture Provision
Perte latente : la créance vaut moins, ou la dette coûte plus Débit 476 Différences de conversion – Actif, par le crédit du compte de tiers Oui : débit 6865, crédit 1515
Gain latent : la créance vaut plus, ou la dette coûte moins Débit du compte de tiers, par le crédit du 477 Différences de conversion – Passif Non
À l'ouverture de l'exercice suivant Contrepassation de l'écriture d'écart La provision est reprise au règlement

Un exemple chiffré

  • Une créance client de 10 000 USD a été comptabilisée au cours du jour de la facture, 1 € = 1,10 USD, soit 9 090,91 €.
  • Une dette fournisseur de 5 000 USD a été comptabilisée au même cours, soit 4 545,45 €.
  • Au dernier cours de l'exercice, 1 € = 1,15 USD, la créance ne représente plus que 8 695,65 € et la dette ne coûte plus que 4 347,83 €.
  • La créance fait donc apparaître une perte latente de 395,26 €, et la dette un gain latent de 197,62 €.
  • Les deux écarts sont inscrits séparément : ils ne se compensent pas.

Les écritures comptables

À la clôture de l'exercice :

N° de compte Libellé Débit Crédit
476 Différences de conversion – Actif 395,26
411 Clients 395,26
6865 Dotations aux provisions pour risques et charges financiers 395,26
1515 Provisions pour pertes de change 395,26
401 Fournisseurs 197,62
477 Différences de conversion – Passif 197,62

Au premier jour de l'exercice suivant, les deux écarts de conversion sont contrepassés. La provision, elle, n'est reprise qu'au règlement de la créance, par le crédit du 7865.

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Conséquence Bonne pratique
Solder l'écart en 666 ou 766 dès la clôture Un résultat gonflé ou amputé par un écart qui n'est pas réalisé Réserver 476 et 477 aux écarts latents, 656, 756, 666 et 766 aux écarts constatés au règlement
Doter la provision sur le gain latent constaté au 477 Provision sans objet et résultat minoré à tort Ne provisionner que la perte latente logée au 476
Comptabiliser la dotation en 6815 au lieu du 6865 Le résultat d'exploitation supporte une charge de nature financière La provision pour perte de change se dote au 6865, en résultat financier
Reprendre la totalité de la provision de l'exercice précédent puis en doter une nouvelle Dotation et reprise gonflent inutilement le compte de résultat Ne comptabiliser que la variation entre la provision nécessaire et celle déjà constituée
Laisser les écarts de conversion au bilan d'ouverture L'écart latent se cumule avec l'écart réalisé lors du règlement Contrepasser 476 et 477 dès l'ouverture, avant toute écriture de règlement

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En résumé

Point clé Réponse
Quel cours retenir à la clôture ? Le dernier cours de change de l'exercice
Quels comptes utiliser ? 476 pour une perte latente, 477 pour un gain latent
Le résultat est-il touché ? Seulement par la dotation à la provision, jamais par l'écart lui-même
Faut-il provisionner un gain latent ? Non, jamais : le principe de prudence ne joue que dans un sens
Que deviennent les écarts à l'ouverture ? Ils sont contrepassés, l'écart définitif apparaîtra au règlement
Et fiscalement ? L'écart latent est imposable ou déductible dès la clôture, et la provision n'est pas déductible

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