MÉMO - Le régime des plus-values sur titres de participation
Une société mère cède les titres qu'elle détient dans sa filiale depuis plusieurs années. Cette cession dégage une plus-value substantielle.
Contrairement aux plus-values ordinaires, celle-ci peut bénéficier d'un régime de quasi-exonération, l'un des rares vestiges de l'ancien régime du long terme encore applicable à l'IS.
À quelles conditions ce régime s'applique-t-il, et pourquoi parle-t-on de « quasi »-exonération plutôt que d'exonération totale ?
Réponse rapide
| Question | Réponse |
| Quel texte prévoit ce régime ? | L'article 219 I-a quinquies du CGI |
| La plus-value de cession de titres de participation est-elle totalement exonérée ? | Non : elle est exonérée d'IS, mais une quote-part de frais et charges de 12 % du montant BRUT de la plus-value doit être réintégrée et taxée au taux normal |
| Quelle condition de durée de détention faut-il respecter ? | Les titres doivent être détenus depuis au moins 2 ans à la date de la cession |
Qu'est-ce qu'un titre de participation ?
Un titre de participation est une part sociale ou une action dont la possession durable est estimée utile à l'activité de l'entreprise, notamment parce qu'elle permet d'exercer une influence sur la société émettrice ou d'en assurer le contrôle. Comptablement, ces titres sont inscrits aux comptes 261 ou 266.
Fiscalement, cette qualification peut s'étendre à des titres qui ne sont pas comptabilisés à ces comptes, notamment ceux inscrits en titres immobilisés ou en valeurs mobilières de placement, dès lors que certaines conditions sont réunies, en particulier une détention d'au moins 5 % du capital de la société émettrice.
Le compte comptable utilisé n'est donc pas toujours décisif : une entreprise peut avoir classé des titres en simple placement financier sans intention affichée de contrôle durable, mais le fisc peut malgré tout les traiter comme des titres de participation si ce seuil de détention est atteint.
Le mécanisme de la quote-part de frais et charges
| Étape | Traitement |
| 1. Constatation de la plus-value | La plus-value brute de cession (prix de cession − valeur nette comptable) est calculée normalement |
| 2. Exonération de principe | Cette plus-value est déduite extra-comptablement du résultat imposable au taux normal |
| 3. Réintégration de la quote-part de 12 % | Une quote-part forfaitaire de 12 % du montant BRUT de la plus-value (et non de son montant net d'impôt) est réintégrée et taxée au taux normal de l'IS |
Cette quote-part de 12 % ne s'applique que si l'entreprise réalise, sur l'exercice, une plus-value NETTE à long terme sur l'ensemble de ses cessions de titres de participation : en cas de moins-value nette sur l'exercice, aucune quote-part n'est due, mais la moins-value elle-même n'est pas déductible du résultat au taux normal (voir plus bas).
Un exemple chiffré
Une société cède des titres de participation détenus depuis 4 ans pour 500 000 €, alors que leur valeur nette comptable est de 300 000 €.
| Élément | Montant |
| Plus-value brute de cession (500 000 − 300 000) | 200 000 € |
| Déduction extra-comptable de la plus-value | - 200 000 € |
| Réintégration de la quote-part de frais et charges (12 % de 200 000 €) | + 24 000 € |
| Effet net sur le résultat fiscal | - 176 000 € |
Le sort des moins-values nettes à long terme
| Question | Réponse |
| Une moins-value nette sur titres de participation est-elle déductible du résultat imposable au taux normal ? | Non, jamais |
| Sur quoi peut-elle s'imputer ? | Uniquement sur des plus-values nettes à long terme de même nature (titres de participation), réalisées au cours des 10 exercices suivants |
| Que se passe-t-il si aucune plus-value de cette nature n'est réalisée dans ce délai ? | La moins-value est définitivement perdue, sans aucune déduction possible |
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Bonne pratique |
| Considérer la plus-value de cession de titres de participation comme totalement exonérée | Toujours réintégrer la quote-part forfaitaire de 12 % du montant brut, même en cas d'exonération de principe |
| Calculer la quote-part de 12 % sur la plus-value nette d'impôt plutôt que sur son montant brut | Appliquer le taux de 12 % au montant brut de la plus-value, avant toute imputation |
| Déduire une moins-value nette sur titres de participation du résultat au taux normal | Réserver cette moins-value à une imputation future, exclusivement sur des plus-values nettes à long terme de même nature |
| Appliquer ce régime à des titres détenus depuis moins de 2 ans | Vérifier systématiquement la durée de détention avant d'appliquer le régime de quasi-exonération |
En résumé
| Point clé | Réponse |
| Sur quel texte repose ce régime ? | L'article 219 I-a quinquies du CGI |
| Existe-t-il une exception à ce régime favorable ? | Oui, notamment pour les titres de sociétés à prépondérance immobilière, qui restent imposés au régime de droit commun |
| La quote-part de 12 % est-elle proportionnelle aux frais réels engagés pour la cession ? | Non, elle est forfaitaire et s'applique quel que soit le montant réel des frais supportés |
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Essentiels
Mémos
- Le régime mère-fille (quote-part de frais et charges)



