MÉMO - Les plus-values sur immobilisations amortissables et non amortissables

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Une entreprise cède une machine, un véhicule ou un terrain : cette opération, la plus courante en matière de plus-values professionnelles, obéit au régime de droit commun applicable à l'IS. Contrairement à certaines idées reçues issues de l'ancien régime du long terme, ce régime est aujourd'hui d'une grande simplicité, mais suppose de bien maîtriser le calcul de la valeur nette comptable et son incidence sur le montant imposable.

Comment calculer et imposer la plus ou moins-value de cession d'une immobilisation ordinaire ?

Réponse rapide

Question Réponse
Quel régime s'applique aux cessions d'immobilisations courantes ? Le régime de droit commun : la plus ou moins-value est intégrée au résultat imposable, taxée au taux normal de l'IS
Existe-t-il encore une distinction court terme / long terme pour ces biens ? Non, cette distinction a disparu pour l'immense majorité des immobilisations à l'IS
Comment calcule-t-on la valeur nette comptable d'un bien amortissable ? Valeur d'origine diminuée du cumul des amortissements pratiqués (y compris, le cas échéant, la fraction non déductible réintégrée)
   

Immobilisation amortissable ou non amortissable : quelle différence ?

Critère Immobilisation amortissable Immobilisation non amortissable
Exemples Matériel, mobilier, constructions, véhicules Terrains, fonds de commerce, titres de participation
Valeur nette comptable Valeur d'origine − cumul des amortissements pratiqués Valeur d'origine, sans aucune déduction
Incidence des amortissements sur la plus-value Plus les amortissements cumulés sont élevés, plus la plus-value de cession est importante (VNC plus faible) Sans objet, aucun amortissement n'est pratiqué

Zoom : valeur résiduelle (« valeur de revente ») et calcul de la VNC

Certains biens amortissables font l'objet, dès leur acquisition, d'une estimation de leur valeur de revente en fin d'utilisation (la « valeur résiduelle » au sens du PCG, art. 214-3).

  • Comptablement, si cette valeur est significative et mesurable de façon fiable, elle est déduite de la base amortissable : le bien n'est amorti que jusqu'à ce montant, pas jusqu'à zéro.
  • Fiscalement, cette valeur résiduelle n'est en revanche pas admise, la base d'amortissement déductible reste le coût de revient total, sans déduction, d'où le recours à un amortissement dérogatoire pour combler l'écart.

Conséquence pratique : au moment de la cession, la plus ou moins-value fiscale se calcule toujours à partir du prix de cession réel constaté ce jour-là et de la VNC fiscale (qui descend jusqu'à zéro grâce au dérogatoire), jamais à partir de la valeur de revente estimée au départ, qui n'est qu'une hypothèse comptable de planification sans effet sur le calcul fiscal.

Un exemple chiffré

Une entreprise cède une machine-outil acquise 60 000 € HT il y a 4 ans, amortie linéairement sur 8 ans (soit 7 500 € d'amortissement annuel), pour un prix de cession de 40 000 € HT (soit 48 000 € TTC, TVA collectée au taux normal de 20 %).

Élément Montant
Valeur d'origine 60 000 €
Cumul des amortissements pratiqués (4 ans × 7 500 €) 30 000 €
Valeur nette comptable (60 000 − 30 000) 30 000 €
Prix de cession (HT) 40 000 €
Plus-value de cession (40 000 − 30 000) 10 000 €

La cession donne lieu à deux écritures distinctes : la constatation du produit de cession (avec la TVA collectée sur le prix de vente), et la sortie de l'actif cédé pour sa valeur nette comptable.

Écriture 1 — Constatation du produit de cession :

N° compte Libellé Débit Crédit
462/512 Banque 48 000 €  
757 Produits des cessions d'éléments d'actif   40 000 €
44571 TVA collectée   8 000 €

Écriture 2 — Sortie de l'actif cédé :

N° compte Libellé Débit Crédit
28154 Amortissements du matériel industriel 30 000 €  
657 Valeurs comptables des éléments d'actif cédés 30 000 €  
2154 Matériel industriel   60 000 €

La plus-value de 10 000 € est intégralement comprise dans le résultat comptable de l'exercice (757 − 657), et taxée au taux normal de l'IS, sans aucun retraitement extra-comptable particulier.
La TVA collectée (44571), elle, n'entre à aucun moment dans le calcul de la plus-value : elle ne fait que transiter par le compte de tiers dédié à la taxe.

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Bonne pratique
Rechercher un taux réduit « long terme » pour une immobilisation ordinaire Retenir que ce régime a disparu pour la quasi-totalité des immobilisations : seul le taux normal s'applique
Oublier d'intégrer la fraction d'amortissement non déductible (ex. véhicules de tourisme) dans le calcul de la VNC comptable Utiliser la valeur nette comptable réelle, telle qu'inscrite au bilan, pour le calcul de la plus-value
Confondre valeur nette comptable et valeur vénale du bien Toujours partir de la valeur nette comptable, et non d'une estimation de la valeur de marché du bien
Oublier de solder le compte d'amortissement lors de la sortie du bien Toujours passer les deux écritures : encaissement du prix de cession, et sortie de l'actif pour sa valeur nette comptable
Oublier la TVA collectée sur le prix de cession, ou la fusionner à tort avec l'écriture de sortie de l'actif Passer deux écritures distinctes et équilibrées : encaissement TTC (avec TVA collectée au compte 44571), puis sortie de l'actif pour sa VNC  sans jamais créditer deux fois le compte d'immobilisation

En résumé

Point clé Réponse
Sur quels comptes enregistre-t-on une cession d'immobilisation ? Compte 757 (produit de cession) et compte 657 (valeur comptable des éléments d'actif cédés)
Une moins-value de cession est-elle déductible du résultat au taux normal ? Oui, sans restriction particulière, contrairement aux moins-values sur titres de participation
Sur quel tableau formaliser ces opérations ? Le tableau n° 2059 de la liasse fiscale, dédié au suivi des plus-values

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Mémos

  • Amortissements et charges sur véhicules de tourisme

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