ESSENTIEL - La gestion des risques financiers

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Une entreprise qui facture un client américain, emprunte à taux variable ou accorde un crédit fournisseur s'expose, sans forcément s'en rendre compte, à des risques purement financiers , indépendants de la qualité de son produit ou de son savoir-faire.

Identifier et couvrir ces risques est une fonction à part entière de la gestion financière.

Le principe

La gestion des risques financiers consiste à identifier les expositions de l'entreprise à des variations de marché ou à des défaillances de tiers, à en mesurer l'impact potentiel, puis à décider de les couvrir totalement, partiellement, ou pas du tout selon l'appétence au risque de l'entreprise.

Cette démarche s'appuie sur des instruments financiers dédiés, choisis en fonction de la nature précise du risque.

Il s'agit d'un raisonnement purement financier : aucune écriture comptable n'est associée à la gestion du risque elle-même, qui se fonde sur des décisions de couverture prises en amont des opérations concernées.

Les quatre grandes familles de risques financiers

Risque Ce qu'il recouvre
Risque de change Variation défavorable du cours d'une devise entre la date d'engagement et la date de règlement d'une opération commerciale ou financière
Risque de taux d'intérêt Variation défavorable des taux d'intérêt affectant le coût d'un emprunt à taux variable ou le rendement d'un placement
Risque de contrepartie (ou de crédit) Risque qu'un client, un fournisseur ou une banque partenaire ne respecte pas ses engagements financiers
Risque de liquidité Risque de ne pas disposer, au moment voulu, des ressources nécessaires pour faire face à ses engagements

La couverture du risque de change

Instrument Principe
Change à terme Fixer aujourd'hui un cours de change auquel une devise sera achetée ou vendue à une date future : engagement ferme, aucune prime à payer
Option de change Acheter le droit, mais pas l'obligation, d'acheter ou de vendre une devise à un cours fixé d'avance, moyennant le paiement d'une prime

Le change à terme élimine totalement l'incertitude mais aussi toute chance de profiter d'une évolution favorable du cours ;
L'option de change conserve cette possibilité, au prix d'une prime payée d'avance, que le risque se réalise ou non.

La couverture du risque de taux d'intérêt

Le swap de taux d'intérêt permet d'échanger, entre deux contreparties, un flux d'intérêts à taux fixe contre un flux d'intérêts à taux variable, calculés sur un même montant notionnel qui n'est jamais échangé.
Une entreprise endettée à taux variable peut ainsi se couvrir contre une hausse des taux en échangeant ses intérêts variables contre des intérêts fixes, sans modifier son emprunt sous-jacent.

Cas particuliers

Situation Ce qu'il faut retenir Pour aller plus loin
Une exportation facturée en devise étrangère, réglée dans 3 mois Le risque de change porte sur l'écart entre le cours du jour de la facturation et celui du jour de l'encaissement Voir le mémo dédié au risque de change et à sa couverture
Un emprunt à taux variable dans un contexte de hausse anticipée des taux Le swap de taux permet de sécuriser un taux fixe sans renégocier l'emprunt initial Voir le mémo dédié au risque de taux et au swap
Un client important dont la situation financière se dégrade Le risque de contrepartie doit être réévalué, indépendamment de la qualité de la relation commerciale Voir le mémo dédié aux risques de contrepartie et de liquidité

Erreurs fréquentes et bons réflexes

Erreur Conséquence Bon réflexe
Confondre couverture à terme et option comme s'il s'agissait d'instruments interchangeables Mauvais choix d'instrument selon que l'entreprise souhaite éliminer totalement l'incertitude ou conserver un potentiel de gain Toujours distinguer engagement ferme (à terme) et simple droit moyennant une prime (option)
Considérer que le risque de contrepartie ne concerne que les clients Sous-estimation du risque porté par les fournisseurs, banques partenaires ou co-contractants financiers Étendre l'analyse du risque de contrepartie à tous les tiers financièrement engagés avec l'entreprise
Assimiler risque de liquidité et absence de rentabilité Confusion entre solvabilité (à long terme) et liquidité (disponibilité immédiate de trésorerie) Une entreprise rentable peut être en risque de liquidité si ses ressources ne sont pas disponibles au bon moment

Bonnes pratiques

Trois réflexes pour aborder la gestion des risques financiers :

Bon réflexe Pourquoi ?
Identifier précisément la nature du risque avant de choisir un instrument de couverture Chaque risque appelle un instrument spécifique : change à terme et option pour le change, swap pour le taux
Décider explicitement du niveau de couverture souhaité (totale, partielle, ou absence de couverture) Une couverture totale élimine le risque mais aussi tout gain potentiel ; ce choix doit être assumé, pas subi
Réévaluer régulièrement l'exposition aux risques financiers Les expositions évoluent avec l'activité de l'entreprise (nouveaux marchés, nouveaux financements, nouveaux clients)

En résumé

Principe Ce qu'il impose
Identification préalable du risque Aucune couverture pertinente n'est possible sans avoir d'abord identifié précisément la nature et l'ampleur du risque
Adéquation entre risque et instrument Chaque famille de risque appelle des instruments de couverture spécifiques, non interchangeables
Arbitrage assumé Se couvrir a un coût (prime, perte de potentiel de gain) : ce coût doit être mis en balance avec le risque évité

Dans la bibliothèque Rodco

Mémos

  • Le risque de change : change à terme ou option de change ?
  • Le risque de taux d'intérêt et le swap de taux
  • Le risque de contrepartie et le risque de liquidité

 

Quizz 

  • Testez vos connaissances sur la gestion des risques financiers


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