MÉMO - Rapprochement bancaire : comment repérer et corriger une véritable anomalie ?
Décalages de temps mis à part, un rapprochement bancaire fait parfois apparaître autre chose : un chèque client qui revient impayé, une opération enregistrée deux fois, un montant saisi de travers.
Contrairement à un simple décalage, ces situations ne se résorbent pas toutes seules et appellent une correction comptable.
Comment distinguer une vraie anomalie d’un simple décalage, et quelles écritures passer pour la corriger ?
Réponse rapide
| Anomalie | Signal qui doit alerter | Écriture à passer |
| Chèque client impayé (rejeté par la banque) | Un encaissement déjà comptabilisé disparaît du relevé, ou y apparaît en sens inverse | Extourner l’encaissement initial + constater les frais de rejet |
| Doublon | Une même opération comptabilisée deux fois côté entreprise | Contre-passer l’écriture en trop |
| Erreur de saisie (montant ou sens inversé) | Le montant ou le sens du mouvement ne correspond pas au relevé, malgré une opération réelle unique | Contre-passer l’écriture erronée puis passer la bonne écriture |
| Erreur de la banque | Une opération figure sur le relevé sans aucune pièce ni justification côté entreprise | Contester l’opération auprès de la banque ; ne rien comptabiliser tant que l’origine n’est pas confirmée |
Les écritures comptables
Un chèque client de 850,00 € encaissé le 5 mars N est finalement rejeté par la banque le 12 mars N, avec 15,00 € de frais de rejet prélevés par la banque :
| N° compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 411 | Clients (extourne du chèque impayé) | 850,00 € | |
| 512 | Banque | 850,00 € | |
| 627 | Services bancaires et assimilés (frais de rejet) | 15,00 € | |
| 512 | Banque | 15,00 € |
Le compte client est ainsi réactivé pour 850,00 € : la créance n’est pas éteinte tant que le règlement n’est pas effectif. Les frais de rejet, eux, restent à la charge de l’entreprise, sauf refacturation contractuelle au client défaillant.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Bonne pratique |
| Laisser un chèque impayé simplement « en attente » sans extourner l’encaissement | Extourner immédiatement : tant que l’écriture originale reste en compte, le solde client et le solde de trésorerie sont faux tous les deux |
| Confondre un doublon avec une opération légitime répétée (ex. deux prélèvements du même montant à des dates différentes) | Vérifier systématiquement les dates et références avant de contre-passer |
| Comptabiliser une opération inconnue apparue sur le relevé sans vérification | Toujours obtenir une explication (de la banque ou en interne) avant de passer l’écriture |
En résumé
| Point clé | Réponse |
| Un chèque impayé doit-il être extourné intégralement ? | Oui, pour le montant initial du chèque, plus la constatation séparée des frais de rejet |
| Comment différencier une anomalie d’un décalage normal ? | Un décalage se résorbe de lui-même sur le relevé suivant ; une anomalie non traitée persiste |
| Faut-il contester une opération inexpliquée auprès de la banque ? | Oui, avant toute écriture, tant que son origine n’est pas confirmée |
Dans la bibliothèque Rodco
Essentiel
- L’état de rapprochement bancaire
Mémo
- Comment construire un état de rapprochement bancaire, étape par étape
- Chèques et virements en attente : que faire des décalages de trésorerie ?
- Le rapprochement bancaire en comptabilité informatisée



