MÉMO - Comment construire un état de rapprochement bancaire, étape par étape
Dresser un état de rapprochement n’est pas qu’une formalité de fin de mois : c’est le seul moyen de prouver que le solde de trésorerie affiché en comptabilité correspond réellement à l’argent disponible à la banque, et de repérer sans délai un incident (chèque impayé, prélèvement inhabituel, erreur de saisie...).
Beaucoup d’entreprises le font, mais sans méthode formalisée, ce qui rend le contrôle peu fiable d’un mois sur l’autre.
Concrètement, il s’agit de savoir : comment construire, pas à pas, un état de rapprochement qui isole correctement les écarts et se solde par deux montants strictement identiques ?
Réponse rapide
| Étape | Ce qu’on fait |
| 1. Point de départ | Relever le solde comptable du 512 et le solde du relevé bancaire à la même date |
| 2. Pointage | Rapprocher les opérations communes aux deux comptes |
| 3. Recensement | Lister, de chaque côté, ce qui reste non pointé |
| 4. Rapprochement | Reporter ces opérations manquantes dans le tableau à deux blocs |
| 5. Vérification | Contrôler que les deux soldes rectifiés sont identiques |
| 6. Régularisation | Comptabiliser les écritures nécessaires côté entreprise |
Un exemple chiffré
Le compte 512 de la société MERIDIA affiche, au 30 juin N, un solde débiteur de 5 240,00 €. Le relevé transmis par sa banque à la même date fait apparaître un solde créditeur de 5 610,00 €.
Le pointage des deux comptes laisse apparaître, de chaque côté, les opérations suivantes non encore rapprochées
Les deux soldes rectifiés concordent (5 797,50 €), ce qui valide le rapprochement : l’écart de départ s’explique entièrement par les décalages et les frais identifiés, sans laisser de zone d’ombre.
Reste, côté MERIDIA, à comptabiliser les frais et agios (voir le mémo dédié) ;
Le virement client, le chèque émis et la remise de chèques, eux, ne nécessitent aucune écriture , ce sont de simples décalages qui se résorberont sur le relevé suivant.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Bonne pratique |
| Pointer approximativement, « à l’œil », sans lister explicitement les opérations non pointées | Reprendre systématiquement, ligne à ligne, tout ce qui n’a pas été rapproché |
| Construire un tableau qui ne fait apparaître qu’un seul solde final, sans détail des opérations manquantes | Conserver le détail : c’est lui qui permet de vérifier et de justifier chaque écart |
| Oublier de comptabiliser les opérations recensées côté entreprise une fois le rapprochement terminé | Passer les écritures de régularisation immédiatement après le rapprochement, pas seulement les noter dans le tableau |
En résumé
| Point clé | Réponse |
| À quelle date choisir pour le rapprochement ? | À la date de votre choix (fin de mois classiquement), toujours identique des deux côtés |
| Faut-il corriger un des deux soldes de départ ? | Non : les deux sont exacts de leur point de vue, on ajoute les opérations manquantes de chaque côté |
| Le rapprochement doit-il obligatoirement tomber à zéro d’écart ? | Oui, en valeur absolue : les deux soldes rectifiés doivent être strictement identiques |
Dans la bibliothèque Rodco
Essentiel
- L’état de rapprochement bancaire
Mémo
- Frais bancaires et agios : comment les régulariser après un rapprochement ?
- Chèques et virements en attente : que faire des décalages de trésorerie ?
- Rapprochement bancaire : comment repérer et corriger une véritable anomalie ?



