MÉMO - Le sursis et le report d'imposition (fusions, apports)

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Une société absorbe une autre société dans le cadre d'une fusion : sans mécanisme particulier, cette opération devrait entraîner l'imposition immédiate de toutes les plus-values latentes sur les éléments transmis.

Le régime de faveur des fusions permet d'éviter cette taxation immédiate, sans pour autant l'annuler définitivement.

Comment fonctionne ce régime, et pourquoi parle-t-on de sursis plutôt que d'exonération ?

Réponse rapide

Question Réponse
Quels textes prévoient ce régime ? Les articles 210-0 A à 210 C du CGI
Ce régime supprime-t-il définitivement l'imposition des plus-values ? Non : il reporte cette imposition, elle interviendra lors d'une cession ultérieure des biens transmis
Ce régime est-il automatique ? Non, il est optionnel : les sociétés doivent le demander, en principe dans le traité de fusion ou d'apport

Les conditions principales du régime de faveur

Condition Détail
Régime fiscal des sociétés concernées La société absorbée et la société absorbante (ou bénéficiaire de l'apport) doivent être soumises à l'IS
Option expresse Les sociétés doivent opter pour le régime de faveur, en principe dans l'acte constatant l'opération
Reprise des valeurs fiscales La société bénéficiaire doit reprendre à son bilan les éléments transmis pour leur valeur fiscale antérieure, et respecter les engagements de calcul des plus-values ultérieures sur cette base
Absence de fraude ou d'évasion fiscale L'opération ne doit pas avoir pour objectif principal, ou l'un de ses objectifs principaux, la fraude ou l'évasion fiscale

Le sort des plus-values selon la nature des biens transmis

Nature du bien transmis Traitement dans le régime de faveur
Éléments non amortissables (terrains, titres de participation, fonds de commerce) Sursis d'imposition : la plus-value n'est imposée que lors de la cession ultérieure du bien par la société bénéficiaire, sur la base de la valeur fiscale d'origine
Éléments amortissables (constructions, matériel) La plus-value doit être réintégrée au résultat imposable de la société bénéficiaire, de façon étalée : sur 15 ans pour les constructions, sur 5 ans pour les autres immobilisations amortissables

Un exemple chiffré

Dans le cadre d'une fusion placée sous le régime de faveur, la société absorbée transmet un terrain (plus-value latente de 150 000 €) et une construction (plus-value latente de 300 000 €).

Élément transmis Traitement Rythme de réintégration
Terrain (bien non amortissable) Sursis d'imposition total Aucune réintégration immédiate ; imposition uniquement lors d'une cession future par l'absorbante
Construction (bien amortissable) Réintégration étalée de la plus-value de 300 000 € Sur 15 ans, soit 20 000 € réintégrés chaque année au résultat fiscal de l'absorbante

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Bonne pratique
Considérer que le régime de faveur exonère définitivement les plus-values de fusion Retenir qu'il s'agit d'un sursis ou d'un report, non d'une exonération : l'imposition est différée, pas supprimée
Appliquer le même traitement aux biens amortissables et non amortissables Distinguer systématiquement les deux catégories : sursis total pour les non amortissables, réintégration étalée pour les amortissables
Oublier l'option expresse pour le régime de faveur Vérifier que l'option a bien été formalisée dans l'acte de fusion ou d'apport
Oublier de suivre, année après année, l'échéancier de réintégration des plus-values sur biens amortissables Tenir un tableau de suivi dédié (états de suivi visés par la doctrine administrative) pour sécuriser les réintégrations futures

En résumé

Point clé Réponse
Ce régime concerne-t-il uniquement les fusions ? Non, il s'étend également aux scissions et aux apports partiels d'actif portant sur une branche complète d'activité, sous conditions similaires
Sur quelle base la société bénéficiaire calcule-t-elle les amortissements futurs ? Sur la valeur fiscale d'origine des biens transmis, et non sur leur valeur réelle au jour de l'opération
Ce régime est-il réservé aux grandes entreprises ? Non, il est ouvert à toute société soumise à l'IS, sous réserve de respecter les conditions posées par les articles 210-0 A et suivants du CGI

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Essentiels

Mémos

  • Le déficit fiscal (report en avant et en arrière)

 


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