MÉMO - L'écart d'acquisition : amortissement (PCG) ou test de dépréciation (IFRS) ?
Un même écart d'acquisition, constaté lors du rachat d'une filiale, ne suit pas du tout la même trajectoire comptable selon le référentiel retenu : en PCG, il s'amortit régulièrement, année après année ;
En IFRS, il reste inchangé au bilan tant qu'aucune perte de valeur n'est détectée, mais peut alors donner lieu à une dépréciation brutale et significative.
Reste à savoir : pourquoi ces deux référentiels traitent-ils différemment le même écart d'acquisition, et quelles conséquences cela a-t-il sur le résultat ?
Réponse rapide
| Référentiel | Traitement de l'écart d'acquisition |
| PCG | Amorti sur sa durée d'utilisation, comme un actif incorporel classique : charge récurrente et prévisible au compte de résultat |
| IFRS 3 | Non amorti ; soumis à un test de dépréciation obligatoire au moins une fois par an, qui ne génère une charge que si la valeur recouvrable devient inférieure à la valeur comptable |
Exemple chiffré
Un écart d'acquisition de 400 000 € est constaté lors de l'acquisition d'une filiale, avec une durée d'utilisation estimée à 10 ans :
| Référentiel | Impact sur le résultat de l'exercice |
| PCG (amortissement linéaire sur 10 ans) | Charge d'amortissement récurrente de 40 000 € par an, quelle que soit la performance réelle de la filiale |
| IFRS (test de dépréciation annuel) | Aucune charge tant que la valeur recouvrable de la filiale reste supérieure à sa valeur comptable ; en cas de dépréciation détectée, par exemple 150 000 € une année donnée, cette charge est constatée en une seule fois |
Le résultat IFRS peut ainsi rester stable plusieurs exercices de suite, puis subir une perte de valeur ponctuelle mais importante. Un profil très différent de la charge régulière et prévisible du PCG.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Bonne pratique |
| Comparer le résultat d'une société en IFRS et d'une société en PCG sans tenir compte de ce traitement différent | Neutraliser l'effet de l'amortissement du goodwill avant de comparer deux résultats établis dans des référentiels différents |
| Penser qu'une absence de charge sur l'écart d'acquisition en IFRS signifie qu'aucune perte de valeur n'existe économiquement | L'absence de charge signifie seulement que le test de dépréciation n'a pas révélé de perte de valeur à la date de clôture, pas qu'aucun risque n'existe |
| Croire que le test de dépréciation IFRS remplace un amortissement progressif équivalent | Le test de dépréciation ne constate une charge que de façon ponctuelle et parfois brutale, sans lien avec la durée d'utilisation retenue en PCG |
En résumé
| Point clé | Réponse |
| L'écart d'acquisition s'amortit-il en IFRS ? | Non : il est soumis à un test de dépréciation annuel obligatoire, sans amortissement |
| L'écart d'acquisition s'amortit-il en PCG ? | Oui, sur sa durée d'utilisation |
| Le profil de charge est-il le même dans les deux référentiels ? | Non : charge récurrente et linéaire en PCG, charge potentiellement nulle puis ponctuellement importante en IFRS |



