MÉMO - Véhicules de salariés indemnisés au kilomètre : coefficient et minoration (ex-TVS)

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Une entreprise qui ne possède aucun véhicule peut être redevable des taxes ex-TVS. Il suffit qu'elle rembourse des frais kilométriques à ses salariés. Deux mécanismes atténuent toutefois la charge, au point qu'elle est nulle dans la plupart des petites structures.

Réponse rapide

Question Réponse
Pourquoi l'entreprise est-elle redevable ? Elle prend en charge des frais professionnels : le véhicule est rattaché à son activité
Le véhicule doit-il lui appartenir ? Non : c'est la prise en charge des frais qui déclenche la taxe
Les trajets domicile-travail comptent-ils ? Non, ils sont hors du dispositif
Comment la charge est-elle atténuée ? Un coefficient pondérateur selon la distance, puis une minoration de 15 000 €
En dessous de quelle distance la taxe est-elle nulle ? 15 000 km remboursés dans l'année pour un véhicule donné
La minoration est-elle acquise ? Non : elle relève des aides de minimis, plafonnées à 300 000 € sur trois ans

Pourquoi la taxe est due

Un véhicule est rattaché à l'activité économique d'une entreprise dans trois cas alternatifs : elle le détient et il est immatriculé en France, elle prend en charge les frais professionnels qui lui sont associés, ou il circule en France pour les besoins de son activité.

Le deuxième cas vise précisément les véhicules personnels des salariés et dirigeants. Dès lors que l'entreprise rembourse des indemnités kilométriques, au réel ou au barème, ou verse des allocations forfaitaires, la condition est remplie, que le véhicule lui appartienne ou non.

La taxation porte sur toute la période pendant laquelle les frais sont contractuellement susceptibles d'être pris en charge, indépendamment de la circulation effective.

Une exclusion importante : la prise en charge des trajets domicile-travail n'entre pas dans le dispositif. Seuls les déplacements professionnels le déclenchent.

Le coefficient pondérateur

Ce coefficient s'applique à la proportion annuelle d'affectation. Il dépend du nombre de kilomètres remboursés par l'entreprise pour le véhicule concerné.

Distance annuelle remboursée Coefficient pondérateur
De 0 à 15 000 km 0 %
De 15 001 à 25 000 km 25 %
De 25 001 à 35 000 km 50 %
De 35 001 à 45 000 km 75 %
Au-delà de 45 000 km 100 %

Deux conséquences pratiques. En deçà de 15 000 km remboursés, la taxe est nulle pour ce véhicule. Au-delà de 45 000 km, le coefficient est sans incidence : la taxe est due en totalité.

L'entreprise doit pouvoir justifier du nombre de kilomètres remboursés en cas de contrôle, y compris, et surtout, pour les véhicules donnant lieu à un montant nul.

La minoration de 15 000 €

Point Règle
Assiette Le montant cumulé des deux taxes, CO2 et polluants
Périmètre Les seuls véhicules pour lesquels l'entreprise prend en charge des frais professionnels
Moment d'application Après toutes les autres règles : coefficient pondérateur, proportion d'affectation, exonérations
Effet maximal Elle ne peut créer d'excédent : au-delà, la taxe est simplement ramenée à zéro
Condition Le respect des règles européennes relatives aux aides d'État dites de minimis

Cette minoration ne s'applique pas aux véhicules détenus par l'entreprise. Une société possédant une flotte et remboursant par ailleurs des kilomètres à trois commerciaux ne l'impute que sur la taxe due au titre de ces trois véhicules.

Un exemple chiffré

Une entreprise ne possède aucun véhicule. Elle rembourse des frais kilométriques à trois salariés au titre de l'année N.

Salarié Km remboursés CO2 du véhicule Taxe CO2 Taxe polluants Coefficient Montant dû
Martin 12 000 km 118 g/km, essence Euro 6 363 € 130 € 0 % 0,00 €
Durand 28 000 km 134 g/km, diesel 883 € 650 € 50 % 766,50 €
Leroy 50 000 km 96 g/km, essence Euro 6 197 € 130 € 100 % 327,00 €
Total avant minoration 1 093,50 €
Minoration de 15 000 € − 1 093,50 €
Total dû 0,00 €

La taxe est nulle. Ce n'est pas un cas particulier : c'est la situation de la grande majorité des entreprises qui indemnisent au kilomètre.

Le salarié Martin illustre le premier filtre : avec 12 000 km remboursés, son véhicule sort du champ malgré un taux d'émission moyen. Les deux autres sont taxés, mais la minoration absorbe l'ensemble.

À partir de combien de véhicules la taxe devient-elle réellement due ?

La question mérite d'être posée, car elle conditionne l'effort de suivi.

Un véhicule diesel émettant 134 g/km, dont plus de 45 000 km sont remboursés, génère 1 533 € de taxe à coefficient plein. Il en faudrait donc dix pour atteindre les 15 000 € de minoration.

En pratique, la charge ne devient effective qu'au-delà d'une dizaine de gros rouleurs, ou d'une trentaine de commerciaux à kilométrage moyen. En deçà, l'obligation est déclarative, non financière.

Attention à ne pas en conclure qu'il n'y a rien à faire. L'état récapitulatif annuel reste obligatoire pour tous les véhicules taxables, y compris ceux dont la taxe est nulle. Il doit être à jour au dépôt de la déclaration et communicable à l'administration.

La règle de minimis

La minoration est une aide d'État. À ce titre, elle n'est pas acquise de plein droit : elle s'impute sur un plafond global.

Point Règle
Plafond de droit commun 300 000 € sur trois années glissantes, règlement UE 2023/2831 du 13 décembre 2023
Plafond du secteur agricole 50 000 € sur trois années glissantes, règlement UE 1408/2013 modifié
Périmètre du plafond L'ensemble des aides, fiscales ou financières, perçues par l'entreprise — pas seulement cette minoration
Moment d'appréciation À la date d'octroi de chaque nouvelle aide, en tenant compte des trois années précédentes

Une entreprise ayant déjà consommé 295 000 € de son plafond ne peut donc bénéficier que de 5 000 € de minoration. Le cas paraît théorique, mais il ne l'est pas pour une structure cumulant aides à l'embauche, subventions locales et dispositifs sectoriels.

Le même mécanisme conditionne d'autres avantages du dispositif, notamment l'exonération des véhicules accessibles en fauteuil roulant.

Cas particuliers

Situation Ce qu'il faut retenir
Salarié utilisant son véhicule sans remboursement Aucune prise en charge, aucune taxe
Remboursement des seuls trajets domicile-travail Hors du dispositif
Allocation forfaitaire mensuelle Elle vaut prise en charge, au même titre que le barème kilométrique
Dirigeant remboursé au kilomètre Même traitement qu'un salarié : le texte vise les personnes physiques qui travaillent pour l'entreprise
Véhicule électrique du salarié Exonéré de la taxe CO2 et classé catégorie E pour les polluants : montant nul
Salarié embauché en cours d'année La proportion d'affectation se calcule sur la période de prise en charge des frais
Plusieurs entreprises remboursant le même véhicule Chacune calcule sa propre proportion et son propre coefficient

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur fréquente Bonne pratique
Croire qu'une entreprise sans flotte n'est pas concernée Le remboursement de frais kilométriques suffit à rattacher le véhicule
Inclure les trajets domicile-travail Ils sont expressément exclus
Négliger le suivi des véhicules à taxe nulle Le justificatif est exigé en contrôle, précisément pour ces véhicules
Appliquer la minoration à toute la flotte Elle ne vise que les véhicules donnant lieu à prise en charge de frais
Appliquer la minoration avant le coefficient Elle intervient en dernier, après toutes les autres règles
Tenir la minoration pour acquise Elle relève des aides de minimis et s'impute sur un plafond global

En résumé

Point clé Ce qu'il faut retenir
Le fait générateur La prise en charge de frais professionnels, non la propriété du véhicule
Le premier filtre En deçà de 15 000 km remboursés, la taxe est nulle
Le second filtre Une minoration de 15 000 € sur le cumul des véhicules concernés
L'effet combiné La taxe n'est réellement due qu'au-delà d'une dizaine de gros rouleurs
L'obligation qui demeure L'état récapitulatif annuel, y compris pour les véhicules à taxe nulle

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