MÉMO - L’amortissement par unités d’œuvre : calcul et cas d’usage
Certaines immobilisations s’usent moins avec le temps qui passe qu’avec l’intensité de leur utilisation : une presse industrielle, un véhicule utilitaire, une machine dont la production varie fortement d’une année à l’autre.
Amortir un tel bien de façon linéaire, sur la seule durée, ne refléterait pas son rythme réel d’usure.
La question qui revient souvent : comment calculer un amortissement fondé sur l’utilisation réelle du bien plutôt que sur le simple écoulement du temps ?
Réponse rapide
| Élément | Définition / formule |
| Unité d’œuvre | Unité physique représentative de l’utilisation du bien : unités produites, heures de fonctionnement, kilomètres parcourus… |
| Nombre total d’unités d’œuvre prévues | Estimation, dès l’origine, du nombre total d’unités que le bien produira sur sa durée de vie |
| Taux d’amortissement par unité d’œuvre | Valeur amortissable / nombre total d’unités d’œuvre prévues |
| Annuité de la période | Taux par unité d’œuvre × nombre d’unités d’œuvre réalisées sur la période |
Comme pour tout mode d’amortissement, la dotation traduit le principe d’indépendance des exercices : seul le rythme de répartition change, pas le fondement comptable (voir MÉMO - L’amortissement des immobilisations : principes généraux).
Un exemple chiffré
Soit une machine industrielle acquise pour 240 000 €, capacité de production totale estimée à 400 000 unités sur sa durée de vie, sans valeur résiduelle.
- Taux d’amortissement par unité d’œuvre = 240 000 / 400 000 = 0,60 € par unité produite.
- Année N : 90 000 unités produites -> annuité = 90 000 × 0,60 = 54 000 €.
- Année N+1 : 70 000 unités produites, production ralentie -> annuité = 70 000 × 0,60 = 42 000 €.
Contrairement au linéaire, l’annuité varie chaque année selon le niveau réel d’utilisation du bien. L'éventuel prorata temporis sera visible dans le nombre d'unité d'oeuvre de la première et/ou dernière année.
Prévisions d’unités d’œuvre sur la durée de vie du bien :
| Exercice | Unités d’œuvre prévues |
| N | 90 000 UO |
| N+1 | 70 000 UO |
| N+2 | 85 000 UO |
| N+3 | 80 000 UO |
| N+4 | 75 000 UO |
| Total | 400 000 UO |
Plan d’amortissement prévisionnel, sur la base des unités d’œuvre estimées à l’origine pour chaque exercice :
| Exercice | Unités d’œuvre prévues | VNC en début d’exercice | Annuité (unités × 0,60 €) | VNC en fin d’exercice |
| N | 90 000 | 240 000,00 € | 54 000,00 € | 186 000,00 € |
| N+1 | 70 000 | 186 000,00 € | 42 000,00 € | 144 000,00 € |
| N+2 | 85 000 | 144 000,00 € | 51 000,00 € | 93 000,00 € |
| N+3 | 80 000 | 93 000,00 € | 48 000,00 € | 45 000,00 € |
| N+4 | 75 000 | 45 000,00 € | 45 000,00 € | 0,00 € |
| Total | 400 000 | - | 240 000,00 € | - |
Contrairement au linéaire, l’annuité varie chaque exercice selon le niveau réel d’utilisation du bien : ici, un ralentissement en N+1 puis une reprise progressive.
Le plan reste prévisionnel : si les unités réellement produites s’écartent significativement des prévisions, le taux ou la répartition des exercices restants doit être révisé (voir « Les erreurs fréquentes » ci-dessous).
Les écritures comptables
Dotation de l’annuité N au 31/12/N :
| N° compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 68112 | Dotations aux amortissements des immobilisations corporelles | 54 000,00 € | |
| 28154 | Amortissements du matériel industriel | 54 000,00 € |
L’année suivante, seule la valeur de l’annuité change (42 000 € pour 70 000 unités produites) ; la structure de l’écriture reste identique.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques
| Erreur | Bonne pratique |
| Retenir ce mode sans disposer d’une estimation fiable du nombre total d’unités d’œuvre | Ne recourir à ce mode que si le total des unités d’œuvre prévues peut être estimé de façon fiable dès l’origine |
| Ne jamais réviser l’estimation initiale du nombre total d’unités d’œuvre | Réviser l’estimation si les prévisions de production évoluent significativement, en ajustant le taux pour les exercices restants |
| Confondre unité d’œuvre et durée calendaire | L’annuité dépend du nombre d’unités réalisées sur la période, pas du nombre de mois écoulés |
En résumé
| Point clé | Réponse |
| Ce mode dépend-il du temps écoulé ? | Non : il dépend du nombre d’unités d’œuvre réellement consommées sur la période |
| Comment calcule-t-on le taux par unité d’œuvre ? | Valeur amortissable / nombre total d’unités d’œuvre prévues sur la durée de vie du bien |
| Quand ce mode est-il pertinent ? | Lorsque l’usure du bien dépend davantage du niveau d’utilisation que du temps écoulé |
Dans la bibliothèque Rodco
Essentiels
- La comptabilisation des immobilisations
Mémos
- L’amortissement des immobilisations : principes généraux
- Les immobilisations par composants
- L’amortissement linéaire : calcul et prorata temporis
- L’amortissement par unités d’œuvre : calcul et cas d’usage
- L’amortissement dérogatoire
- L’amortissement dégressif : conditions, coefficients et calcul



