MÉMO - Comment lire les tableaux des immobilisations, des amortissements et des dépréciations en annexe ?

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À la clôture, le bilan ne présente que la valeur nette comptable de chaque poste d'immobilisations. Ce chiffre unique ne détaille ni les acquisitions, ni les cessions, ni les pertes de valeur de l'exercice. Ce détail figure dans trois tableaux de l'annexe : le tableau des valeurs brutes, le tableau des amortissements et le tableau des dépréciations. Les trois tableaux suivent la même structure en quatre colonnes, A + B − C = D.

La valeur nette comptable est égale à la valeur brute à la clôture, diminuée des amortissements cumulés et des dépréciations à la clôture.

Un point demande de l'attention : la colonne B ne désigne pas la même chose d'un tableau à l'autre.

Réponse rapide

Colonne Tableau des valeurs brutes Tableau des amortissements Tableau des dépréciations
A La valeur brute à l'ouverture de l'exercice. Les amortissements cumulés à l'ouverture. Les dépréciations à l'ouverture.
B Les augmentations, c'est-à-dire les acquisitions de l'exercice. Les dotations aux amortissements de l'exercice. Les dotations aux dépréciations de l'exercice.
C Les diminutions, c'est-à-dire les cessions et les mises au rebut. Les amortissements des biens sortis. Les reprises de dépréciations de l'exercice.
D La valeur brute à la clôture, égale à A + B − C. Les amortissements cumulés à la clôture, égaux à A + B − C. Les dépréciations à la clôture, égales à A + B − C.

Dans le tableau des valeurs brutes, la colonne B contient des augmentations, c'est-à-dire des achats. Dans le tableau des amortissements et dans le tableau des dépréciations, la colonne B contient des dotations, c'est-à-dire des charges de l'exercice. Une même lettre recouvre donc deux sens différents.

Un exemple chiffré : les valeurs brutes et les amortissements

Une entreprise industrielle clôture son exercice le 31 décembre. Au 31 décembre N, elle présente l'extrait suivant pour son poste Matériel industriel.

Colonne Valeurs brutes Amortissements
A - à l'ouverture 180 000 € 95 000 €
B - augmentations ou dotations 45 000 € 22 000 €
C - diminutions 20 000 € 18 000 €
D - à la clôture 205 000 € 99 000 €

Les deux égalités se vérifient : 180 000 + 45 000 − 20 000 = 205 000 €, et 95 000 + 22 000 − 18 000 = 99 000 €.

La valeur nette comptable s'obtient par différence entre les deux colonnes D : 205 000 − 99 000 = 106 000 €. À l'ouverture, elle était de 180 000 − 95 000 = 85 000 €.
La valeur nette comptable augmente de 21 000 €. Les acquisitions (45 000 €) dépassent en effet les dotations (22 000 €) et la valeur nette des biens sortis (20 000 − 18 000 = 2 000 €).

Le tableau des dépréciations

Deux notions sont à distinguer : l'amortissement et la dépréciation.

L'amortissement constate la consommation des avantages économiques d'un bien, sur sa durée d'utilisation. Cette consommation est irréversible.

La dépréciation constate qu'à la clôture, la valeur actuelle d'une immobilisation est devenue inférieure à sa valeur nette comptable (PCG, art. 214-5). La valeur actuelle est la plus élevée de deux valeurs (PCG, art. 214-6) :

  • la valeur vénale, c'est-à-dire le prix que l'entreprise obtiendrait en vendant le bien dans des conditions normales de marché, diminué des coûts de sortie ;
  • la valeur d'usage, c'est-à-dire la valeur des avantages économiques futurs attendus de l'utilisation du bien et de sa sortie.

L'entreprise réalise ce test à chaque clôture, dès qu'un indice de perte de valeur existe (PCG, art. 214-15). La dépréciation est réversible : si la valeur actuelle remonte, l'entreprise reprend tout ou partie de la dépréciation.

Un bien non amortissable, comme un terrain, ne peut perdre de la valeur au bilan que par une dépréciation. C'est le cas typique où le tableau des dépréciations porte l'essentiel de l'information.

Les quatre colonnes du tableau des dépréciations se lisent ainsi. La colonne A reprend les dépréciations à l'ouverture. La colonne B contient les dotations de l'exercice. La colonne C contient les reprises de l'exercice. La colonne D donne les dépréciations à la clôture.

 

Un exemple chiffré : un terrain déprécié

Une entreprise, qui clôture son exercice le 31 décembre, possède un terrain acquis 50 000 € en N-4. Au 31 décembre N-1, elle a constaté une dépréciation de 2 000 €. Au 31 décembre N, un expert estime la valeur vénale du terrain à 41 000 €. La valeur d'usage est inférieure à la valeur vénale. La valeur actuelle retenue est donc de 41 000 €.

Colonne Valeurs brutes Amortissements Dépréciations
A - à l'ouverture 50 000 € 0 € 2 000 €
B - augmentations ou dotations 0 € 0 € 7 000 €
C - diminutions ou reprises 0 € 0 € 0 €
D - à la clôture 50 000 € 0 € 9 000 €

Calculs : dépréciation nécessaire à la clôture = 50 000 − 41 000 = 9 000 €. Dotation de l'exercice = 9 000 − 2 000 = 7 000 €. Valeur nette comptable à la clôture = 50 000 − 0 − 9 000 = 41 000 €.

La dotation de l'exercice n'est pas égale à la dépréciation totale. L'entreprise ne comptabilise que le complément de 7 000 €, car 2 000 € figurent déjà au compte 2911.

Les écritures comptables

Date N° compte Libellé Débit Crédit
31/12/N 6816 Dotations aux dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles 7 000 €
31/12/N 2911 Dépréciations des terrains 7 000 €

Si la valeur actuelle remonte à 46 000 € au 31 décembre N+1, la dépréciation nécessaire tombe à 4 000 €. L'entreprise reprend alors 5 000 € : débit du compte 2911 et crédit du compte 7816 Reprises sur dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles. Ce montant figure en colonne C du tableau des dépréciations de N+1.

La dotation diminue le résultat. Elle ne modifie pas la trésorerie, car elle ne donne lieu à aucun décaissement.

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Conséquence Bonne pratique
Le lecteur confond le sens de la colonne B selon le tableau. Les acquisitions de l'exercice sont prises pour des dotations, ou l'inverse. Préciser le tableau lu : la colonne B contient des acquisitions pour les valeurs brutes et des dotations pour les amortissements et les dépréciations.
Le lecteur ne vérifie pas l'égalité A + B − C = D. Une erreur de lecture ou une opération particulière passe inaperçue. Recalculer l'égalité colonne par colonne, dans les trois tableaux.
Le lecteur calcule la valeur nette comptable à partir du seul tableau des valeurs brutes. La valeur nette comptable est surévaluée du montant des amortissements et des dépréciations. Déduire de la colonne D des valeurs brutes la colonne D des amortissements et la colonne D des dépréciations.
Le lecteur oublie que la colonne A doit correspondre à la colonne D de l'exercice précédent. Une rupture de continuité passe inaperçue d'un exercice à l'autre. Rapprocher la colonne A du tableau publié l'exercice précédent : les deux valeurs doivent être identiques.
Le lecteur interprète une colonne C élevée comme une simple sortie d'actif. Une cession importante peut masquer une plus-value ou une moins-value significative. Rapprocher la colonne C du résultat de cession figurant au compte de résultat.
Le lecteur néglige les virements de poste à poste. Un écart apparaît sans explication dans l'égalité A + B − C = D. Vérifier la présence d'une colonne ou d'une note dédiée aux virements.
Le comptable inscrit en dotation la dépréciation totale nécessaire à la clôture. La charge de l'exercice est surévaluée du montant déjà constaté les exercices précédents. Calculer la dotation par différence : dépréciation nécessaire à la clôture moins dépréciation à l'ouverture.
Le comptable amortit un terrain pour constater une perte de valeur. Un terrain n'a pas de durée d'utilisation limitée : il n'est pas amortissable. Constater une dépréciation, qui reste réversible si la valeur actuelle remonte.
Le comptable compare la valeur vénale à la valeur nette comptable sans examiner la valeur d'usage. La dépréciation est excessive si la valeur d'usage est supérieure à la valeur vénale. Retenir comme valeur actuelle la plus élevée de la valeur vénale et de la valeur d'usage.

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En résumé

Point clé Réponse
Comment calculer la valeur nette comptable ? La valeur nette comptable est égale à la valeur brute à la clôture, diminuée des amortissements cumulés et des dépréciations à la clôture.
Pourquoi la colonne A doit-elle égaler la colonne D de l'exercice précédent ? Par continuité des exercices : l'ouverture d'un exercice reprend la clôture du précédent.
Quelle différence entre un amortissement et une dépréciation ? L'amortissement constate une consommation irréversible du bien. La dépréciation constate une perte de valeur réversible.
Comment un terrain perd-il de la valeur au bilan ? Uniquement par une dépréciation, car un terrain n'est pas amortissable.
Comment calculer la dotation aux dépréciations de l'exercice ? La dotation est égale à la dépréciation nécessaire à la clôture, diminuée de la dépréciation déjà constatée à l'ouverture.

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