ESSENTIEL - Le financement du poste clients

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Relancer, lettrer, surveiller une balance âgée : ces outils accompagnent une créance jusqu'à son règlement. Mais une entreprise peut aussi choisir de ne pas attendre l'échéance, et mobiliser une créance non échue auprès d'un tiers financeur pour obtenir immédiatement de la trésorerie.

Trois techniques le permettent : l'affacturage, la mobilisation de créances nées à l'étranger et l'escompte d'effets de commerce. Elles se ressemblent par leur effet sur la trésorerie, mais diffèrent sur trois points décisifs : le sort de la créance au bilan, le coût supporté et surtout la personne qui supporte l'impayé.

Le principe

Financer le poste clients consiste à transformer une créance certaine mais non encore échue en disponibilités immédiates, moyennant un coût (commission, agio).

Selon la technique retenue, la créance peut

  • soit sortir du bilan (transfert de propriété, comme en affacturage),
  • soit y rester inscrite jusqu'au règlement effectif du client (avance adossée à la créance, comme en MCNE),
  • soit transiter par un effet de commerce représentatif de la créance (escompte).

Trois techniques, trois logiques

Technique Créances concernées Sort de la créance Coût principal
Affacturage Créances commerciales, France ou export Cédée au factor et suivie au compte 467 : elle sort du poste clients dès la cession Commission d'affacturage et commission de financement
MCNE Créances export uniquement, délai de paiement de six mois au plus Reste inscrite au 411 jusqu'au règlement effectif du client étranger Agios : intérêts et commission bancaire
Escompte d'effets de commerce Créances matérialisées par un effet : lettre de change, billet à ordre Transite par le compte 413, puis le 5114 le temps de l'escompte : l'entreprise reste garante Agio : intérêt et commission bancaire

Qui supporte l'impayé ?

C'est le critère le plus souvent négligé, et pourtant le plus lourd de conséquences.

Technique Risque final d'impayé
Affacturage sans recours Supporté par le factor : le risque est effectivement transféré
Affacturage avec recours Supporté par l'entreprise, le factor se retournant contre elle
MCNE Supporté par l'entreprise : la banque avance des fonds, elle n'achète pas la créance
Escompte d'effets Supporté par l'entreprise, par le jeu du recours cambiaire

Cas particuliers

Situation Ce qu'il faut retenir Pour aller plus loin
Le client est informé de la cession de sa créance C'est le cas général en affacturage ; la MCNE, elle, n'est en principe pas notifiée au client étranger MÉMO - Affacturage : quelles écritures comptables passer ?
Délai de paiement export supérieur à six mois La MCNE n'est pas accessible : il faut se tourner vers l'affacturage export ou le crédit documentaire MÉMO - La mobilisation de créances nées à l'étranger
Le client ne règle pas l'effet escompté à l'échéance La banque se retourne contre l'entreprise : le risque d'impayé n'a jamais été transféré MÉMO - L'escompte d'effets de commerce
Une retenue de garantie est prélevée par le factor Elle sécurise le factor contre les litiges et les avoirs, mais réduit d'autant la trésorerie disponible MÉMO - Affacturage : avec ou sans recours
Agios courus non échus à la clôture Ils se rattachent à l'exercice pendant lequel le financement a couru, comme pour tout concours bancaire Écriture de charge à payer à l'inventaire

Erreurs fréquentes et bons réflexes

Erreur Conséquence Bonne pratique
Confondre l'escompte de règlement, qui est une réduction commerciale, et l'escompte d'effets de commerce, qui est une opération bancaire Erreur de compte et de nature d'opération : une charge financière prend la place d'une réduction accordée Retenir le 665 pour l'escompte de règlement, le 5114 et le 661 pour l'escompte d'effets
Considérer que la créance sort du bilan quelle que soit la technique Le poste clients est minoré à tort en MCNE, où la créance reste due par le client Vérifier pour chaque technique s'il y a transfert de propriété ou simple avance adossée
Comptabiliser l'avance du factor comme un emprunt L'endettement financier est gonflé et les ratios de structure faussés Passer par le compte 467 : l'affacturage est une cession de créance, pas un prêt
Ignorer le coût réel, commissions et agios cumulés Décision de financement prise sans visibilité sur ce qu'elle coûte vraiment Comparer le coût total au gain de trésorerie obtenu, technique par technique
Oublier le recours en cas d'effet impayé L'entreprise découvre tardivement qu'elle reste débitrice envers la banque Intégrer ce risque au choix entre escompte et affacturage sans recours
Laisser vivre les comptes transitoires 467, 5114 et 519 sans les solder Des soldes anciens subsistent au bilan sans contrepartie réelle Rapprocher ces comptes des relevés du financeur et les solder au règlement effectif
Choisir une technique sans distinguer créance domestique et créance export La MCNE est écartée à tort, ou envisagée alors qu'elle est inaccessible Identifier la nature de la créance avant d'étudier les solutions

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En résumé

Principe Ce qu'il impose
Image fidèle Le bilan doit montrer si la créance a été cédée ou seulement mobilisée en garantie d'une avance
Rattachement des charges Le coût du financement se rattache à l'exercice au cours duquel le service est rendu
Indépendance des exercices Les agios courus non échus à la clôture donnent lieu à régularisation
Information financière Le caractère avec ou sans recours détermine le risque résiduel supporté par l'entreprise

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