ESSENTIEL - Les modes de règlement

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Virement, chèque, carte bancaire, lettre de change, billet à ordre, espèces : chaque mode de règlement obéit à ses propres règles de fonctionnement, ses propres délais, et surtout ses propres risques d'impayé.

Choisir le bon instrument, et en connaître les limites, conditionne directement la qualité du poste clients et la sécurité des paiements fournisseurs

Le principe

Un mode de règlement se caractérise par trois éléments : qui déclenche l'opération (le débiteur ou le créancier), le délai entre l'ordre de paiement et l'encaissement effectif, et le degré de protection dont bénéficie le créancier en cas de défaillance du débiteur.

Les effets de commerce (lettre de change, billet à ordre) se distinguent des autres instruments par leur soumission au droit cambiaire, qui offre au porteur un recours simplifié et renforcé en cas d'impayé.

Panorama des modes de règlement

Mode de règlement Qui initie le paiement ? Délai d'encaissement Risque principal
Virement ou prélèvement SEPA Le débiteur pour le virement, le créancier sur mandat pour le prélèvement De quelques heures à un jour ouvré Erreur de coordonnées ; contestation du prélèvement, de huit semaines à treize mois
Chèque Le débiteur, à la remise du chèque Variable selon la date de remise à l'encaissement Défaut de provision ; délai de présentation limité à un an et huit jours
Carte bancaire Le débiteur, au moment de l'achat Quasi immédiat côté client, différé de quelques jours côté commerçant Contestation, fraude, commission monétique
Lettre de change, LCR papier ou LCRM Le débiteur, à l'échéance convenue À l'échéance, sauf remise à l'escompte Impayé à l'échéance ; recours variable selon la nature papier ou magnétique du titre
Billet à ordre Le souscripteur, à l'échéance À l'échéance Impayé à l'échéance, avec recours cambiaire comme la LCR papier
Espèces Le débiteur, immédiatement Immédiat Plafonds légaux, absence de preuve, risque de perte ou de vol

Cas particuliers

Situation Ce qu'il faut retenir Pour aller plus loin
Une lettre de change doit être remise à l'escompte Le recours de la banque diffère selon qu'il s'agit d'une LCR papier, véritable effet de commerce à recours cambiaire, ou d'une LCRM, simple fichier informatique sans valeur cambiaire MÉMO - La lettre de change relevé (LCR papier et LCRM)
Un chèque revient impayé pour défaut de provision La banque adresse une lettre d'injonction et peut prononcer une interdiction bancaire d'émettre des chèques, pendant cinq ans au maximum MÉMO - Le chèque
Un client conteste un prélèvement SEPA déjà débité Le remboursement peut être demandé sans justification dans les huit semaines, et jusqu'à treize mois en cas de mandat contesté MÉMO - Le virement et le prélèvement SEPA
Un règlement en espèces est proposé pour un montant élevé Un plafond légal s'applique, différent selon que le débiteur est un professionnel ou un particulier non résident fiscal MÉMO — Les espèces
Un effet est remis à l'escompte avant son échéance L'entreprise obtient la trésorerie par anticipation, mais reste garante en cas d'impayé du tiré ESSENTIEL - Les effets de commerce

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques

Erreur Conséquence Bonne pratique
Confondre lettre de change et billet à ordre Erreur sur les parties engagées, et application de mécanismes de provision et d'acceptation qui ne valent pas pour le billet à ordre Compter les parties : trois pour la lettre de change, tireur, tiré et bénéficiaire, deux pour le billet à ordre
Escompter une LCR sans vérifier si elle est papier ou magnétique Le recours réellement disponible en cas d'impayé est mal anticipé Identifier la nature exacte du titre avant toute opération d'escompte
Accepter un règlement en espèces sans vérifier le plafond légal Sanction pénale et fiscale au titre de la réglementation anti-blanchiment Vérifier le statut du débiteur, professionnel ou particulier, résident fiscal ou non, avant d'accepter
Ignorer les délais de contestation propres à chaque instrument Un encaissement considéré comme définitif peut encore être remis en cause Retenir, pour chaque mode de règlement, le délai au-delà duquel l'encaissement devient irrévocable
Réserver les effets de commerce à des relations commerciales ponctuelles La mise en place formelle qu'ils exigent n'est pas rentabilisée Les réserver aux relations suivies, où le recours cambiaire prend tout son sens
Ne pas vérifier les mentions obligatoires d'un effet reçu Une mention manquante fait perdre au titre sa valeur d'effet de commerce, et le recours avec elle Contrôler les mentions à la réception, avant acceptation
Choisir l'instrument sans tenir compte du profil du client Le mode de règlement le plus commode est retenu, sans rapport avec le risque encouru Adapter l'instrument à la confiance accordée et au montant en jeu

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En résumé

Principe Ce qu'il impose
Sécurité juridique Un effet de commerce doit comporter toutes ses mentions obligatoires pour conserver sa valeur cambiaire
Traçabilité Virement, prélèvement et carte laissent une trace bancaire complète, contrairement aux espèces
Délais à respecter Chaque instrument a son propre délai de présentation ou de contestation, à suivre pour sécuriser l'encaissement
Adaptation au risque Le choix du mode de règlement reflète la confiance accordée au client et le montant en jeu

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